Abdelkader

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posté le 2009-06-09 à 16:45:25
En attendant les hommes
C’est l’ombre qui trahit les os
Sur les épaules d’une tête écervelée de choix,
C’est la pierre qui inonde le lit
Dans une rivière tarie de la sève qui enrichit le pré,
C’est le mouton qui conduit la meute des bergers
Vers un pâturage insalubre où l’herbe ignore le printemps,
Et c’est le borgne seul qui sait le parfum de la liberté
Dans le pays des nains aux pensées fièrement aveugles.
En attendant les hommes
C’est la feuille qui emporte le vent
Vers les cimes absurdes d’un été enneigé,
C’est la fontaine qui coule du soleil
Quand le grand hiver exhibe sa belle floraison,
C’est l’œuf qui pond la poule
Quand le coq migre parmi les goélands saisonniers,
Quand le disciple élève les sons des cloches maigres
Pour défier le silence au règne du maître temps.
En attendant les hommes
C’est le fusain qui orchestre le chant
Quand le rossignol avale son bec au bal des muets,
C’est la lune qui éclaire le voyage du nomade
Sous les nuages gris qui annoncent le gros chagrin,
C’est le gondolier qui fuit la mer
Quand l’exile arrache la chair au quai des opprimés,
Et c’est l’écolier qui dicte ses calcules médiocres
A la rue des savants ouverte tel un livre qui raconte la vie.
En attendant les hommes
C’est le roi qui obéit aux ordres des valets
Sur un trône de vapeur éloigné du palais du peuple,
C’est le mensonge qui confirme la raison
Quand la rumeur nourrit le rêve dans le cimetière des martyrs,
C’est la beauté du temps qui précède l’orage
Dés que le matin recule vers une nuit sans obscurité,
Et c’est la peur qui encourage l’oubli des braves
Pour une paix cousue derrière les rideaux du déshonneur.
Abdelkader Guerine.
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