CULTURE A CHLEF - EL ASNAM -

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CAFE LITTERAIRE DU 10 MARS 2015

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CAFÉ LITTÉRAIRE DU 10 MARS 2015

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Le café littéraire, bien que boudé par certains dénigreurs de la culture, continue d’abreuver ses adeptes de conférences très fructueuses quant à leur contenu. Tout au début de cette séance, le musicien Hrache Baghdadi dit Kaddour, gratifia l’assistance d’un morceau de mélodie orientale. En effet, pour cette journée du 10 Mars 2015, le titre de cette conférence donnée par le président du café littéraire fut « la colonisation française » suivi par une communication très succincte sur le livre de Mohamed Boudia « les adages à travers les âges » avec une vente-dédicace de ce dernier.

Avant d’entrer dans le vif du sujet, le conférencier insista sur la fait que le colonialisme français a du suer durant toutes les années d’occupation en changeant de rois, de gouverneurs, d’empereurs durant les 132 années que dura la colonisation française en Algérie. Il devait citer tout ce beau monde qui défila à la tête de l’empire français. Aucune stabilité n’a été observée durant toute la colonisation. Les gouverneurs furent changés comme des chemises. La chute de ces gouvernants était le résultat de la résistance très farouche qu’ils rencontraient sur le terrain face à cette étonnante et interminable révolte des populations autochtones. La majorité d’entre eux ne sont restés que quelques mois sur le trône ou un nombre infime d’années. La France a vu défiler, durant cette période, plusieurs rois, présidents, empereurs, gouverneurs, etc, et dont le total est exactement 26 à la tête de l’Etat Français, en l’espace de 132 années de colonisation.

Le conférencier se répétait par moments pour bien asseoir l’idée que l’indépendance de l’Algérie a été arrachée avec le sang de plus d’un million et demi de chouhadas qui ont donné leur vie pour que vive cette patrie bien-aimée. Il continuera sur la lancée pour mettre à jour certains crimes abjects commis par la soldatesque française tout au long de la colonisation et ce, jusqu’en 1962.

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La France voulait s’accaparer tout le territoire d’Afrique à partir de l’Algérie. Les grands empires d’alors se sont partagé l’Afrique entre eux comme si cette contrée était vierge et qu’ils n’avaient qu’à s’y installer en faisant fi de toutes les populations qui s’y trouvaient depuis la nuit des temps. Durant la guerre de libération, la France à du lâcher plusieurs de ses colonies africaines pour pouvoir se maintenir en Algérie car cette dernière est très riche dans son sol et sous-sol. Pressée par les évènements et la guerre qui faisait rage dans les villes et villages d’Algérie, la France, sentant son heure arriver, a tout fait pour décortiquer le territoire algérien et le morceler pour bénéficier de ses richesses. Au lendemain du début de la colonisation, elle créa les départements français (anciennes igamies d’Alger, d’Oran et de Constantine) puis  l’Algérie française, puis le partage de l’Algérie en deux zones bien distincte, le Nord et le Sud (Sahara). Pourquoi le Sud, mais parce qu’elle avait trouvé des gisements pétrolifères et qu’elle utilisait cette région peu peuplée pour ses expériences atomiques à Reggane où les effets de la radioactivité continue, de nos jours, à faucher des vies humaines.

Les pays européens et la France en particulier avait donné un nom bien restreint à l’Algérie en l’appelant la régence d’Alger. L’Algérie était structuré en Beyliks, sortes de wilayas actuelles et avait une sorte d’allégeance au Dey d’Alger. Ce n’est qu’avec l’avènement de la résistance par l’Emir Abdelkader que l’Etat algérien moderne avait commencé à prendre forme et une certaine unité commençait à se faire au sein de la population algérienne mais n’oublions pas que l’Algérie a toujours été un état souverain qui a fait face à toutes les velléités des hordes barbares et d’invasion car cette riche terre a été convoitée depuis la nuit des temps par les peuples du nord.

Le conférencier devait parler des langues et dialectes qui étaient parlés lors de l’invasion de l’Algérie par la France. Elle avait trouvé la langue arabe et la langue berbère ou amazigh. Par la suite, le français leur avait été adjoint ainsi que le pataouète qui était parlé par les populations juives et qui était devenu plus ou moins la langue  des pieds-noirs.

L’Etat algérien était structuré et avait sa monnaie qu’on appelait le « Budju », unité monétaire turque qui était usitée jusqu’en 1848, au lendemain du parjure commis par la France envers l’Emir Abdelkader. Ce fut ensuite, la création du franc algérien qui a fait long feu de 1848 à 1960, puis ce fut au tour du nouveau franc de prendre la place de ces précédentes monnaies et ce,  jusqu’en 1964, après l’indépendance de l’Algérie, avec l’avènement du Dinar Algérien.

Pour ce qui est de la population d’alors, en 1849, les statistiques donnaient à peu près 3 millions d’âmes, entre algériens musulmans et israélites et colons. Le nombre de ces derniers ne dépassait guère la centaine de milliers d’âmes ou un peu plus.

N’oublions pas que la France avait obtenu du Dey, une concession sur le territoire de la Calle (Annaba) depuis 1560 et qu’elle a pris fin avec l’occupation de l’Algérie par la France.

Le coup de l’éventail qui avait fait suite à la demande de paiement des crédits alloués par le Dey à la France pour l’achat de blé pour ses troupes en campagne en Europe et en Afrique ne fut qu’un moteur et une raison infime de la colonisation française qui se préparait depuis plusieurs années depuis Napoléon I lorsqu’il avait dépêché un espion auprès du consul général de France en Algérie, le Commandant Vincent Yves Boutin, avec pour mission de faire les relevés topographiques de la région d’Alger pour une éventuelle invasion et ce, depuis 1808. Lors de la préparation de l’invasion de l’Algérie et à la veille du départ de la flotte française, ce fut le Commandant Vincent Yves Boutin qui fit le briefing pour le débarquement du côté de Sidi Fredj et c’est sur son conseil que débarqua la soldatesque française en ce lieu.

Le bombardement de « La Provence », bateau-amiral français en 1929 par le plus grand canon algérien d’alors, « Baba Merzoug » (qui fait 7 m de long avec une portée de 5 km 200) ne fut lui aussi qu’une raison de plus pour activer l’invasion de l’Algérie. Mais si l’on voit les dessous de ces deux affaires, (l’éventail et la Provence), nous pouvons dire que la France ne paie pas ses dettes contractées auprès du Dey Hussein. Pour clôturer cette séance sur l’histoire de l’Algérie, le conférencier se devait de rappeler une phrase qu’a laissé le Chahid Larbi Ben M’hidi pour les générations futures où il dit à l’encontre de De Gaulle : « Vous me parlez de la France de Dunkerque à Tamanrasset, je vous prédis l’Algérie de Tamanrasset à Dunkerque. Vous voulez l’Algérie française et moi, je vous annonce la France Algérienne.

 

Après un débat fructueux sur le sujet, Mohamed Boudia donne un aperçu sur le livre « Les adages à travers les âges » et fit une vente-dédicace qui reçut peu d’engouement de la part de l’assistance qui était peu nombreuse.

                                                                                  Mohamed Boudia



18/03/2015
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