CULTURE A CHLEF - EL ASNAM -

CULTURE A CHLEF - EL ASNAM -

Les "Saints " "Awlya'e Allah Essalihines"

                    Cette catégorie comportera toutes les études faites sur les différents "Saints" - "Awliya'e Allah Essalihines" de la région de Chlef - El Asnam  avec toutes les anecdotoes racontées sur eux.

Les Ouled Sidi Yedder des Medjadjas (CHLEF)

Les Ouled Sidi Yedder des Medjadjas (Chlef)

Culte esprits éclairés et saints patrons

Les Oulad Sidi Yedder des Medjadjas 

LES OULAD SIDI YEDDER DES MEDJADJAS (CHLEF ).

Les Cheurfa de la Medjadja, actuellement divisés, entre quelques ramifications éparses, en trais blanches principales :

 • Oulad-Sidi-Djilali-Ben-Abderrahmane ;

 • Oulad-Sidi-Ali Bouhassoun ;

• Oulad-Sidi Bouali ;

Ont une même origine, leur ancêtre commun fut : Sidi Yedder ben M'hamed Ben Ali ben Mohammed ben Samaïl ben Idris ben Slimane ben Mohammed ben Hachmi ben Ali ben Tahar ben Mohammed-Restoun ben Abdessalam-Ben-Mechich ben Abou-Beqr ben Ali ben Horma ben Aissa ben Salem ben Merouane, dit Amezoûar, ben Heldhara ben Ali ben Mohammed ben Ahmed ben Abdallah ben Idris-Laçgheur ben Idris -Laqbeur ben Abdallah l'Qamel ben Hassen El-Moutsana ben Hassene-Essibthi ben Ali-ben-Abi-Thaleb zoudj Fathima-Zohra Bent Rassoul-Allah (salla Allahou Âlaïhi oua Sallam). 

 Vers le milieu de la IX° corne de l'Hegire, SidiYedder, faisant partie d'un des premiers exodes des maures d'Andalousie, se rendit à Tlemcen, d'où, après s'être fait initier, par les grands maîtres de Bou-Médine aux doctrines soufites, il repartit pour islamiser dans le Tessala et les Médiouna. Après y avoir séjourné quelque temps, il reprit sa marche et s'installa avec sa famille chez les Ouathas des Bni-Merine appartenant à la confédération des Maghraoua (Berbères-zenètes). Le Cheikh Benachith déclare que les ancêtres des Cheurfa de Medjadja ont été apparentés aux Ahl Harfadh, dont l'ancêtre était aussi Abdessalem-ben-Machich ainsi qu'aux Bni-Horma, desquels descendent les Ahl-Ouazzane dont l'ancêtre était Imlah-Ben--Mechich, frère d'Abdesslam.

Sidi-Yedder, qui était déjà un wali réputé, fit de nombreux prosélytes ; son autorité s'affermit surtout grâce à sa prodigieuse puissance thaumaturgique. Mort très âgé il fut enterré entre les Beni-Rached et les Braz, en face Oued-Fodda.

Son fils Sidi Abdellah et son petit fils Sidi Ahmed continuèrent ses pratiques et affermirent leur suprématie. Au commencement de la dixième corne de l'Hégire, le célèbre santon Sidi-Ahmed-Benyoussef, ayant été reçu chez eux avec toute la déférence due à sa valeur, se prit d'amitié pour Ali-Bahloul , fils cadet de Sidi Ahmed, et après l'avoir initié aux doctrines des Chadoulia il lui conseilla de fonder, à Medjadja, une zaouïa, laquelle honorée de sa baraka connut des heures de prospérité, voire même de puissance.

Le frère aîné de Sidi Ali-Bahloul, Sidi saïd demeura à Oum-Drou, vallée du Cheliff de lui descendirent les Oulad Sidi Ahmed-Ben-Abdallah.

Sidi Ali Bahloul, bientôt devenu un personnage fort influent, grâce à sa science alliée a une énergie peu commune, soutint en 1514 (920 de l'Hégire) le débarquement à Ténès  des derniers fugitifs d'Andalousie, qui expulsés suivant les édits du Premier Ministre le Cardinal Ximenès de Cisneros, après la prise de grenade par les " Rois catholiques ", avaient pu gagner l'Ifrykia, grâce à la protection de la flotte de Kheïreddine. Ensuite il protégea la formation des contingents berbères d'Abd-el-Aziz et d'Ahmed-ben-el-Kadi, pou renforcer l'armée volante de Baba Aroudj Ahmed dit Barberousse 1er, roi d'Alger, assiégeant la Kalaa des Bni-Rached.

Sidi Ali Bahloul, qui a sa Koubba dans la zaouïa de Medjadja, laissa sept fils : Saïd, Smaïl, morts sans postérité ; M'hamed devenu chef de la zaouïa ; Bouali qui succéda à ce dernier ; Ahmed, qui devait être l'ancêtre des Mohi-Eddine (de Tablat et de l'Arba-Sidi-Moussa, près d'Alger), et des Ahl Moul -el-Oued, district de Médéa-Titteri ; Mihoub, ancêtre des marabouts de Rabtha (Akbou Mixte), et enfin Mohammed mort sans postérité au cours du saint pèlerinage de la Mecque.

Acquit, grâce à sa science et à ses vertus, une réputation qui s'étend dans tout le Maghreb, il professa dans la plaine d'Eghris, berceau des M'Charif et eut comme tlamid renommés Sidi Ahmed-Ben-Ali; Sidi Daho ; Sidi Ali Ben-M'Barek de Koléa, Sidi Ammar-Cherif de Bordj-Menaïel, Sidi Saïd Gueddoura, devenu muphti d'Alger ; Si Sahnoun-El Hadj du Djebel Djebel-Tamedrara (Ouarsenis) et Cheïkh Brahim Rhobrini, de Cherchell .

Après avoir parcouru le Sahara et atteint Ouargla, où il créa une zaouïa dont les khouddam sont les Arb-Saïd (Chadoulia et Kadria), Sidi M'hammed revint à sa demeure du Chélif, dite Zaouïet Sidi M'hammed-ben-Ali où il continua son enseignement. Mais il ne devait pas tarder à être victime de l'austérité de ses opinions : vers l'an 980 de l'Hégire, Ben Chekor, bey turc de Mazouna, avant conçu le projet d'épouser Fathma-Bent-Benchâa, veuve de son père, une contestation canonique s'éleva et la question fut soumise aux eulama. Tous accordèrent la main-levée de l'opposition, sauf cheïkh M'hammed-ben-Ali-Bahloul el- Medjadji, lequel déclara formellement la chose Haram (illicite). Malgré les supplications, les injonctions et les menaces du Bey, le savant maintint la sentence et le mariage ne fut pas célébré. A quelque temps de là des tholba du marabout Benchâa, soudoyés par Ben Chakor, se firent admettre à la zaouïa ; et, une nuit, profitant du sommeil de Sidi M'hammed Ben-Ali, ils l'égorgèrent. Mais ce dernier, bien que la gorge tranchée, eut encore la force de leur crier : " ô maudits, mon sang rejaillira sur vous et sur le traître ! " le lendemain, le vénéré chef mourait ; et peu après affirmait sa sainteté par un miracle posthume : En effet, on avait tenté à trois reprises différentes de creuser sa fosse dans la crypte ; mais chaque fois l'eau jaillissant, rendait tout travail impossible. Sidi Bouali puîné du défunt, atterré par ce contre-temps, réfléchissait pendant la nuit au moyen d'y remédier, lorsqu'il perçu la voix de son frère ordonnant : " Demain à l'aurore, prends, toi-même, une pioche et creuse en avant du tombeau de notre père ; là, tu découvrira tout prêt un kbor voûté tel celui du Nebbi (le salut sur lui !) ". Ainsi procéda Sidi Bouali ; et, c'est dans ce miraculeux tombeau que repose le docte Fakih, dans la miséricorde de Dieu.

Quant au Bey Ben Chekor et à ses complices, le Dey Chaâbane, pacha triennal d'Alger, outré de leur sacrilège. Les fit massacrer sons merci, en rebiâ de l'an 1000 de l'Hégire (1592 J.C).

A l'occasion de cette fin tragique, le muphti d'Alger, Cheikh Saïd Gueddoura, ancien telmid de Sidi M'hammed-ben-Ali, adressa au frère et aux fils de ce dernier une remarquable Qaçida religieuse.

Sidi Bouali Ould Ali-Bahloul, succéda à son frère, il fut le chef d'une branche collatérale qui eut bientôt une octoramification.

Quant à Sidi Abderrahmane, fils aîné de de Sidi M'hammed-ben-Ali-Bahloul, il prit, après son oncle Bouali, la direction la zaouïa de Medjadja. Ce fut lui qui, au commencement de la XIe corne de l'Hégire, réunit les œuvres nombreuses juridiques et littéraires, de son père et de son oncle. Parmi les premières relevons : El alfiat bi-taçaouf (Commentaires de hadîts exposés par Sidi Abdallah ben Abi el Djmara, ainsi que par Mohammed ben Abou-l'Athia) ; Taouçoul-hakad fuza ahlou-Djeddi biendhi el-mafa ( ? illisible) ; une quarantaine de recueils de poésies diverses, la rédaction d'une controverse célèbre qu'il eut avec le muphti d'Alger Cheikh El Mathmathi, à propos de l'interprétation d'u hadîts, etc., etc.

Vers la fin de la onzième corne les Cheurfa de la Medjadja, divisés en deux Maisons alliées, les Oulad Sidi M'Hammed-Ben-Ali et les Oulad Sidi Bouali, obéissaient encore à un même chef. Sidi Djilali -Ould- Abderrahmane ben Sidi M'hammed-Ben-Ali qui, savant réputé obtint bientôt une notoriété telle que son nom est encore cité par des eulama du Chélif, plusieurs de ces ouvrages sont recherchés : Charâ-el-Moukhammès, Chara-l'amïel el-Irahi fi-el-hadith ; Achïa Ala alfiat Bni-Malec. Il eut comme coadjuteur son frère.

Ali Bouhassoun-Ould- Abderrahmane, également érudit.

A partir d'eux, les Oulad M'hammed-ben-Ali, subissant l'influence spirituelle d'un même chef, se subdivisèrent en :

Oulad Sidi Djilali-ben-Abderahmane qui actuellement ont à leur tête le Bachagha Bouthiba-Benyamina ; et et en : Oulad sidi Ali-Bouhassoun-ben-Abderrahmane qui ont pour chef le se…… (mot illisible) Sidi M'Hammed-Ould-Benachitt.

Quant aux Oulad Sidi Bouali, ils s'érigèrent, dés cette poque, en maison distincte et sont aujourd'hui sous l'heureuse tutelle de Sidi Mohammed Ben Henni-Sayah, l'éminent Kadhi d'Orléansville.

Deux maisons de ces trois branches jouissent encore d'une grande influence politique : les Bouthiba-Benyamina et les Si Sayah Ben Henni Bouali. Quant à la troisième qui, d'ailleurs, a toujours eu un rôle plutôt maraboutique, elle est dignement représentée par celui que les eulama algériens reconnaissent comme savant :

Sidi M'hammed Ould Ahmed Benachith dit Cheïkh Benachith, né à Medjadja vers 1845. Après avoir psalmodiés les premiers versets du Koran, Si M'hammed fit de sérieuses études auprès de Cheikh Mohammed-El-Fellag, descendant de Sidi Djilali-ben-Abderrahmane et de Cheïkh Elhadj Zouaoui-el- El Medjadji, qui le préparèrent à suivre utilement l'enseignement supérieur que lui donna à l'Université Karouine, de Fez, le réputé Cheikh Guenoun. Très versé dans la jurisprudence, commentant aisément les hadîts, Cheikh Benachith est un mouderrès de grande autorité qui a initié son fils Ahmed aux arcanes de la Djarouada ? (mot illisible) et du fak'ha. Sidi M'hammed ben Ali Bahlou

SIDI M'HAMMED BEN ALI BAHLOUL

Acquit, grâce à sa science et à ses vertus, une réputation qui s'étend dans tout le Maghreb, il professa dans la plaine d'Eghris, berceau des M'Charif et eut comme tlamid renommés Sidi Ahmed-Ben-Ali; Sidi Daho ; Sidi Ali Ben-M'Barek de Koléa, Sidi Ammar-Cherif de Bordj-Menaïel, Sidi Saïd Gueddoura, devenu muphti d'Alger ; Si Sahnoun-El Hadj du Djebel Djebel-Tamdrara (Ouarsenis) et Cheïkh Brahim Rhobrini, de Cherchell.

Après avoir parcouru le Sahara et atteint Ouargla, où il créa une zaouïa dont les khouddam sont les Arb-Saïd (Chadoulia et Kadria), Sidi M'hammed revint à sa demeure du Chélif, dite Zaouïet Sidi M'hammed-ben-Ali où il continua son enseignement. Mais il ne devait pas tarder à être victime de l'austérité de ses opinions : vers l'an 980 de l'Hégire, Ben Chekor, bey turc de Mazouna, avant conçu le projet d'épouser Fathma-Bent-Benchâa, veuve de son père, une contestation canonique s'éleva et la question fut soumise aux eulama. Tous accordèrent la main-levée de l'opposition, sauf cheïkh M'hammed-ben-Ali-Bahloul el- Medjadji, lequel déclara formellement la chose Haram (illicite). Malgré les supplications, les injonctions et les menaces du Bey, le savant maintint la sentence et le mariage ne fut pas célébré. A quelque temps de là des tholba du marabout Benchâa, soudoyés par Ben Chakor, se firent admettre à la zaouïa ; et, une nuit, profitant du sommeil de Sidi M'hammed Ben-Ali, ils l'égorgèrent. Mais ce dernier, bien que la gorge tranchée, eut encore la force de leur crier : « ô maudits, mon sang rejaillira sur vous et sur le traître ! » le lendemain, le vénéré chef mourait ; et peu après affirmait sa sainteté par un miracle posthume : En effet, on avait tenté à trois reprises différentes de creuser sa fosse dans la crypte ; mais chaque fois l'eau jaillissant, rendait tout travail impossible. Sidi Bouali puîné du défunt, atterré par ce contre-temps, réfléchissait pendant la nuit au moyen d'y remédier, lorsqu'il perçu la voix de son frère ordonnant : « Demain à l'aurore, prends, toi-même, une pioche et creuse en avant du tombeau de notre père ; là, tu découvrira tout prêt un kbor voûté tel celui du Nebbi (le salut sur lui !) ». Ainsi procéda Sidi Bouali ; et, c'est dans ce miraculeux tombeau que repose le docte Fakih, dans la miséricorde de Dieu.

Quant au Bey Ben Chekor et à ses complices, le Dey Chaâbane, pacha triennal d'Alger, outré de leur sacrilège. Les fit massacrer sons merci, en rebiâ de l'an 1000 de l'Hégire (1592 J.C).

A l'occasion de cette fin tragique, le muphti d'Alger, Cheikh Saïd Gueddoura, ancien telmid de Sidi M'hammed-ben-Ali, adressa au frère et aux fils de ce dernier une remarquable Qaçida religieuse.

Sidi Bouali Ould Ali-Bahloul, succéda à son frère, il fut le chef d'une branche collatérale qui eut bientôt une octoramification.

Quant à Sidi Abderrahmane, fils aîné de de Sidi M'hammed-ben-Ali-Bahloul, il prit, après son oncle Bouali, la direction la zaouïa de Medjadja. Ce fut lui qui, au commencement de la XIe corne de l'Hégire, réunit les œuvres nombreuses juridiques et littéraires, de son père et de son oncle. Parmi les premières relevons : El alfiat bi-taçaouf (Commentaires de hadîts exposés par Sidi Abdallah ben Abi el Djmara, ainsi que par Mohammed ben Abou-l'Athia) ; Taouçoul-hakad fuza ahlou-Djeddi biendhi el-mafa ( ? illisible) ; une quarantaine de recueils de poésies diverses, la rédaction d'une controverse célèbre qu'il eut avec le muphti d'Alger Cheikh El Mathmathi, à propos de l'interprétation d'u hadîts, etc., etc.

Vers la fin de la onzième corne les Cheurfa de la Medjadja, divisés en deux Maisons alliées, les Oulad Sidi M'Hammed-Ben-Ali et les Oulad Sidi Bouali, obéissaient encore à un même chef.

Sidi Djilali -Ould- Abderrahmane ben Sidi M'hammed-Ben-Ali qui, savant réputé obtint bientôt une notoriété telle que son nom est encore cité par des eulama du Chélif, plusieurs de ces ouvrages sont recherchés : Charâ-el-Moukhammès, Chara-l'amïel el-Irahi fi-el-hadith ; Achïa Ala alfiat Bni-Malec. Il eut comme coadjuteur son frère.

Ali Bouhassoun-Ould- Abderrahmane, également érudit.

A partir d'eux, les Oulad M'hammed-ben-Ali, subissant l'influence spirituelle d'un même chef, se subdivisèrent en :

Oulad Sidi Djilali-ben-Abderahmane qui actuellement ont à leur tête le Bachagha Bouthiba-Benyamina ; et et en : Oulad sidi Ali-Bouhassoun-ben-Abderrahmane qui ont pour chef le se…… (mot illisible) Sidi M'Hammed-Ould-Benachitt.

Quant aux Oulad Sidi Bouali, ils s'érigèrent, dés cette époque, en maison distincte et sont aujourd'hui sous l'heureuse tutelle de Sidi Mohammed Ben Henni-Sayah, l'éminent Kadhi d'Orléansville.

Deux maisons de ces trois branches jouissent encore d'une grande influence politique : les Bouthiba-Benyamina et les Si Sayah Ben Henni Bouali. Quant à la troisième qui, d'ailleurs, a toujours eu un rôle plutôt maraboutique, elle est dignement représentée par celui que les eulama algériens reconnaissent comme savant : Sidi M'hammed Ould Ahmed Benachith dit Cheïkh Benachith, né à Medjadja vers 1845. Après avoir psalmodiés les premiers versets du Koran, Si M'hammed fit de sérieuses études auprès de Cheikh Mohammed-El-Fellag, descendant de Sidi Djilali-ben-Abderrahmane et de Cheïkh Elhadj Zouaoui-el- El Medjadji, qui le préparèrent à suivre utilement l'enseignement supérieur que lui donna à l'Université Karouine, de Fez, le réputé Cheikh Guenoun. Très versé dans la jurisprudence, commentant aisément les hadîts, Cheikh Benachith est un mouderrès de grande autorité qui a initié son fils Ahmed aux arcanes de la de la Djarouada ? (mot illisible) et du fak'ha.

Les Bouthiba Benyamina

LES BOUTHIBA - BENYAMINA

Au moment où Sidi Ali succéda, son père Sidi Djilali-ould-Abderrahmane, l'influence spirituelle du chef dela zaouïa avait encore son emprise sur toutes les branches des Cheurfa de la Medjadja. Sidi Ali, mourant à la fleur de l'âge, laissa le pouvoir à son unique garçon,à peine adolescent mais déjà bon thaleb.

Sidi Larbi-Abou Thaïba, dit Sidi Bouthiba, qui fit l'éponyme de cette famille.

Sidi Bouthiba, homme de prières et de livres, composa quelques ouvrages ; de plus, sa facilité d'élocution, encore soutenue par l'ampleur de son verbe, lui valut les honneurs de la chaire dans plusieurs réunions de savants ; notamment au Caire où à l'Université d'El Azhar ses khotbate furent acclamées. De retour au pays natal Sidi Bouthiba, fit à Mazouna et à Mascara, de mémorables conférences sur l'opportunité de l'immixtion du kanoun dans la politique. Le gouvernement de l'Odjak, effrayé par une telle liberté d'idées, l'obligea à se retirer, jeune encore de la lice où lui succéda, moins brillamment toutefois, son fils.

Sidi Djelloul lequel, bientôt rebuté, confia la baraka à l'aîné de ses enfants.

Benyamina-Ould-Djelloul, dont l'influence grande déjà devait s'accroître encore grâce à sa puissance de suggestion. Il fut le leader de l'indépendance familiale vis-à-vis des turcs. Son frère Cheïkh Elhadj-M'Hammed-Ould-Djelloul, khadhi réputé, fut, le jour même de son retour la Mecque, enseveli, à Blida, sous les décombres de sa maison, détruite par le temblement de terre qui en 1842, anéantit la "Reine de la Medjadja ".

Les Oulad-Bouthiba qui, à ce moment, ajoutèrent à leur nom celui de Benyamina, eurent comme chef Sidi Abdelkader Ould Benyamina, lequel partisan sincère de l'Emir El hadj Abdekader, prêta un concours soutenu et souvent efficace à son cousin Bou Chekor ben- Chérif, Khelifa de ce dernier qui, commandant depuis les Braz jusqu'aux Medjaher, prit une part fort active au combat de Zeboudj-Moulaï-Ismaïl, près du Sig, contre le Général Trézel, le 25juin 1835. Tué dans sa résidence de Mazouna, Ben Chekor fut remplacé par son parent Chérif Djilali-ben-Mohammed-ben-Chrif, lequel tomba, en mai 1846, sous les coups de la troupe de Bou-Maza attaquant Medjadja, ainsi d'ailleurs que Si Kaddour ould- Mohammed-Sayah, oncle paternel du Kadhi actuel d'Orlansville.

Dès lors les Bouthiba-Benyamina se rangent loyalement aux côtés de la France et le fils de Djilali-ben-Mohammed-ben-Chérif, Cherif-Benali, est choisi, par le Colonel de Saint-Arnaud et par le capitane Richard, comme premier khodja de la subdivision d'Orléansville.

Cherif-Benali est mort, vers 1900, Commandeur de la Légion d'Honneur, après avoir dirigé pendant de nombreuses années le kaïdat des Oulad-Farès.

Sidi Abdelkader-ould-Benyamina avait laissé deux fils, l'un Si Abdelkader, oncle du Bachagha, ayant également débuté comme khodja, est mort kaïd, officier de Légion d'Honneur en novembre 1883 ; le second Si Miloud né à Medjadja, père du Bachagha, était plutôt un homme de prières qui, pourtant très énergétique à l'occasion soutint l'Emir de son influence et se fit blesser tout jeune encore à ses côtés, en mai 1842, sous les murs de Miliana. Il mourut en 1900, à l'âge de 78 ans, non sans être devenu, avant même la soumission de l'Emir, et depuis la fameuse affaire de Bou-Maza, l'un des lus fidèles alliés de la France.

Si Miloud, chef des Bouthiba-Benyamina, fut d'un grand secours pour nos colons, en 1864, lors de l'insurrection des Flittas, lesquels avaient fait cause commune avec les Chikhïa. Le Maréchal Pélissier, eut recours aux services des marabouts de Medjadja. Ceux-ci, ayant repoussé énergiquement les menées insidieuses de Si Lazreg, prêtèrent un concours efficace au Général Roze chargé de la répression des Flittas qui, dans le courant du mois de juin, firent leur soumission.

Durant l'aam-ech-cherr, Si Miloud, et tous les Cheurfa de la Medjadja donnèrent les preuves d'une générosité admirables.

Cheïkh Benachith Revue Africaine n° ? Année ? pp. 65

70

 Une anecdote circule au sujet de Sidi Dahou (fils de l'émir Ibn Dahou de l'ouest). Du temps où Sidi Dahou était le disciple (élève) de Sidi M'hamed Benali Abahloul lorsque ce dernier enseignait dans la contrée du Ghriss (Mascara). Sidi M'hamed Bénali avait désigné Sidi Dahou comme mousse pour rapporter à chaque fois les commissions au domicile de Sidi M'hamed Bénali. Sidi Dahou était très beau jeune homme mais dès qu'il se présentait devant le domicile de Sidi M'hamed Bénali et lorsque la femme de ce dernier sortait pour les prendre, Sidi Dahou se métamorphosait et devenait teigneux et morveux. La femme de Sidi M'hamed Bénali en avait un haut-le-coeur et le renvoyait sans ménagement car ne voulant plus voir cette image désolée de ce jeune homme. Un jour, elle en fit part à Sidi M'hamed Bénali et lui demanda de ne plus lui envoyer les commissions par l'intermédiaire de ce jeune homme qui lui donnait la nausée et lui soulevait le coeur de par sa morve et sa teigne. Sidi M'hamed Bénali en resta médusé et lui demanda de qui elle parlait. Il lui répondit : "Le jeune Dahou". Sidi M'hamed Bénali, incrédule, décida de suivre un jour, Sidi Dahou lorsqu'il lui remettrait les provisions à ramener à son domicile. Il savait que Sidi Dahou était d'une beauté extraordinaire et il ne pouvait s'astreindre à concevoir ce dernier avec de la morve et de la teigne. Un  jour, il remit à Sidi Dahou les provisions et le suivit en cachette. Arrivé devant la porte du domicile de Sidi M'hamed Bénali et lorsque la porte s'ouvrit, laissant entrevoir la femme de ce dernier, Sidi M'hamed Bénali constata de fait et de visu la métamorphose de Sidi Dahou. Il en resta éberlué puis s'en remit à Dieu et se dit :"Cet enfant-là est aimé de Dieu, c'est un wali mine aouliya'e Allah essalihines" et il se retira sur la pointe des pieds pour ne pas être vu par Sidi Dahou, ni de sa femme.

A l'occasion des fêtes religieuses, Sidi Dahou s'empressait toujours d'être le premier à souhaiter bonne fête à Sidi M'hamed Bénali en lui donnant une offrande faite de petites pièces de monnaie (sourdis)qu'il prélevait de son argent de poche. Sidi M'hamed Bénali s'empressait lui aussi de lui rendre son offrande en la triplant ou en la quadruplant car pensait-il de Sidi Dahou que c'était un vrai wali parmi les saints que Dieu gratifie de ses bienfaits.(Anecdote rapportée par Mohamed Boudia, écrivain, parmi les arrière-arrière-arrière-petits-enfants de Sidi Dahou).

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22/03/2010
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Sidi Maamar Bou Moukohla

SIDI MAMAR BOU MOUKOHLA

Généalogiquement, Sidi Maâmar descend directement de la lignée        Abou Bakr Essedik

 Quant à Sidi Yahia   moula 14 babe (14 portes), qui lui aussi était disciple de Sidi M'hamed Bénali, descend de la lignée de Seyed Zoubir El Aouem. Pour l'anecdote des 14 portes, un jour que Sidi M'hamed Bénali suivait Sidi Yahia, son disciple, pour voir ses dons, car on lui avait rapporté que ses deux disciples Sidi Maâmar et Sidi Yahia volaient dans les airs et ne marchaient pas. Un jour, après les avoir suivi, il s'envola derrière eux. Lorsqu'il voulut rattraper Sidi Yahia dans une bâtisse, ce dernier, pour lui échapper est entré et sorti  par 14 portes et Sidi M'hamed Bénali ne le retrouva pas. Alors à partir de ce moment, il fut appelé Sidi Yahia Moula rbataâchen bab (14 portes). Il est l'un des saints vénérés dans la région des Heumis (Bouzeghaïa).

Lorsque Mohamed (qsssl) a fait son ascension vers le septième ciel avec l'archange Gabriel, lorsqu'ils sont arrivés devant l'arbre limite (sadrate el mountaha), l'archange Gabriel prit congé de Mohamed (qpsssl)et lui dit : «  ô Mohamed! ma mission s'arrête là, maintenant tu es le seul autorisé à voir Dieu. L'archange Gabriel avait laissé Mohamed et s'en est allé. Dieu avait fait visiter le « paradis ». Il avait vu ce qu'il devait voir et ce que Dieu voulait lui faire voir en tant que prophète. Dieu lui avait tout expliqué, sauf une lueur incomparable qui brillait dans un coin du paradis. Mohamed est redescendu sur terre par la grâce de Dieu et son esprit était occupé par la lumière qu'il avait vue dans un coin du paradis et pourquoi ne lui avait-IL pas expliqué la présence de cette lumière. Sur le chemin du retour, Mohamed rencontra Saydina Moussa aleyhi assalem. Ô Moussa ! J'ai vu Mon Dieu et il m'a tout expliqué sauf une lumière que j'ai constatée dans un coin du paradis, mais Dieu ne me l'a point expliqué, qu'en penses-tu ? Moussa (qssl) lui répondit que ce sont les âmes des saints patrons sur terre que Dieu a sanctifié et qui sont sous la protection directe de notre Dieu. Dieu les renverra vers la terre après toi après les khalifas et les émirs. Il s'endormit et Dieu lui révéla quelques versets pour expliquer la présence de cette clarté qui l'avait subjuguée dans un coin du paradis.

« Ô Mohamed, les saints patrons n'ont aucune raison d'avoir peur et ils ne peuvent être tristes »

 La tribu des Heumis était située entre Ami Moussa et Lahlaf. Les anciennes tribus faisaient des razzias sur les autres tribus. Ils ont déménagé ici (bouzeghaia) Arch Aroua, commune de Sidi Akkacha,

Sidi Maâmar El Kebir et Sidi Maâmar Es Seghir, ce premier avait laissé sont fils âgé de deus ans, certains disent qu'il étant encore dans le ventre de sa mère quant son père est mort. Depuis des siècles, Daira de Zeboudja, Wilaya de Chlef.

Sidi Maâmar El Kebir est parti vers El Bayadh, et il avait laissé son fils orphelin. Ce dernier grandit et s'enrôla dans une armée  comme officier dans une grande armée. Le témoin qu'il était un combattant, c'est son fusil  qui se trouve dans un de ses différents mausolées situé entre Bénaïria et un seul canon de fusil, Sidi Maâmar entaâ  Dhal'â (bocca Bachahd) sur la route vers Sidi Akkacha en allant vers Ténès et par moment, on la trouve dans le mausolée de Lahlaf. Ce fusil est complètement rouillé et il n'en reste qu'un canon. Cet Arch des Heumis, tous les mois d'avril nous devions faire une oua'da et nous allions en voitures hippomobiles, nous marchions pendant plus de trois jours. Lorsque nous atteignons El Asnam, nous campions sur le terrain de la fantasia devant la cité Ruiz et nous passions la nuit en train de psalmodier le coran. Le lendemain, nous reprenions le chemin et nous nous arrêtions à la sortie de Bou Kader (Charron). A la sortie de Bou Kader, nous déjeunions et puis nous reprenions le chemin. A l'embranchement qui mène vers Ami-Moussa, nous campions dans le lieu où il y avait la compagnie Chagnaud qui fabriquait des buses (canaux d'irrigation). Nous continuions pendant toute la nuit à psalmodier le Coran. Nous arrivions une place en contrebas de Sidi Maâmar, nous déjeunions et continuions à psalmodier le Coran pour le terminer jusqu'au lever du jour. Le lendemain matin, certains allaient vers le village d'Oued Rhiou pour faire leurs provisions, puis nous nous dirigions vers Lahlaf, pour arriver à Sidi Maâmar. Nous faisions la prière du Dhohr puis les Talebs montaient en procession vers le mausolée en psalmodiant la Borda que disait Cheikh El Bossaïri dans laquelle il sanctifiait Dieu et son prophète Mohamed (qsssl). Les cafetiers dressaient leurs guitounes (tentes) et commençaient à préparer le café et le thé. Les Talebs terminaient le Coran. Nous faisions la prière de l'Asr et du Maghreb dans le mausolée de Sidi Maâmar. Certains dormaient pour se reposer. Les gens du village, c'est eux qui nous hébergeaient et nous apportaient de la nourriture pour cette nuit. Le lendemain, certains achetaient du henné (baraka) et nous reprenions le chemin vers nos domiciles à Bouzeghaia.

Sidi Maâmar, a eu une initiative heureuse qui avait apporté un certain bien-être pour les habitants des différents Arch où il était passé.

Un jour, il se mit à lancer un appel à tous les saints des différentes régions du pays. Il leur fit appel et leur dit que les préceptes édictés par l'Islam et la Sunna de Mohammed (qsssl) sont en train de se perdre. Je vous demande tous de venir assister à une réunion que je vais organiser prochainement pour faire une fatwa concernant les préceptes de l'Islam et la Sunna.

Les saints déferlèrent de tous les côtés et d'après certaines rumeurs, il y eut mille et un saint qui sont venus assister à la réunion.

Lors de la réunion, Sidi Mamar leur proposa que la dot d'une mariée ne doive point dépasser les 20 francs plus un mouton, plus un quintal de grosse semoule, plus un pot de beurre de 3 à 5 kg. Certains ajoutaient une robe simple un haïk et un foulard. C'est tout et pas plus.

Sidi Maâmar ainsi que Sidi Yahia (d'ailleurs ils sont cousins maternels) étaient tous  deux élèves (disciples) de Sidi M'hamed Bénali.

Un jour, ce dernier reçut la visite d'un berger qui lui rapporta que ses disciples Sidi Maâmar et Sidi Yahia, lorsqu'ils sortaient  de l'école coranique de la Zaouïa, s'envolaient comme des oiseaux. Sidi M'hamed Bénali décida de les suivre, un jour, pour voir de quoi il retournait. Sidi Maâmar partit pour Ténès. Il continua ses études de théologie chez Sidi Ahmed Bou Maïza. Un jour, Sidi Ahmed Bou Maïza reçut des visiteurs. Il demanda à Sidi Maâmar d'aller leur rapporter des fruits du verger de Sidi Ahmed Bou Maïza dont il était le gardien attitré. Il cueillit des grenades et les donna à Sidi Ahmed Bou Maïza. Ce dernier ouvrit les grenades et les trouva toutes très amères, il demanda à Sidi Maâmar comment se fait-il qu'il ait rapporté des grenades amères au lieu d'en rapporter des sucrées. Sidi Maâmar, lui répondit qu'il ne les a point goûtées depuis toutes les années qu'il avait passées comme disciple chez Sidi Ahmed Bou Maïza. Après cette anecdote, Sidi Ahmed Bou Maïza  dit à Sidi Maâmar qu'il n'avait plus rien à apprendre et qu'il était libre de partir. Il l'avait en quelque sorte congédié. C'est-à-dire qu'il était devenu un érudit et qu'il pouvait compter sur lui-même. Il lui dit :

« Vas Maâmar, tu n'as plus rien  à apprendre de moi, tu es au point et tu es plein et celui qui te rencontreras deviendra plein », retourne chez les tiens, tu n'as plus rien à apprendre de moi ». Il sortit, vexé et s'assit  dans un endroit à la sortie du vieux Ténès et s'assit en pleurant en se disant pourquoi Sidi Ahmed Bou Maïza m'a congédié, je n'ai pas ou aller !  Pourquoi il m'a dit que je suis plein et celui qui me rencontrera sera plein ? Je ne comprends plus rien ! Sur le chemin du retour, il s'arrêta aussi à l'endroit actuel où il y a un mausolée érigé en son honneur et qui s'appelle « Sidi Maâmar Enta'e Edhal'â» .Il continua son chemin en direction de l'Ouest mais il s'arrêta à un endroit qu'on appelle actuellement « Sidi Maâmar enta'e El karma ». Un autre mausolée y fut construit en son honneur.

Il y est resté un certain temps puis se dirigea encore vers le lieu des « cinq palmiers » où il a un autre mausolée avant d'aller vers Lahlaf (Ami Moussa) ou se trouve sa tombe et sa dépouille (qu'il repose en paix et que Dieu l'enveloppe de sa miséricorde et l'accueille en son vaste paradis). Il mourut à Lahlaf près d'Ami Moussa dans la wilaya de Relizane.           

Le mausolée de  Sidi Yahia de Baghdoura qui avait 14 portes se trouve exactement à côté de celui de Sidi M'hamed Bénali. Sidi Yahia avait un certain respect envers Sidi M'hamed Bénali. Lorsqu'il le vit il essaya de ne point le rencontrer, il se sauva et se cacha dans une bâtisse. Il est rentré par plusieurs portes afin de ne pas se trouver devant Sidi M'hamed Bénali qu'il respectait et qu'il vénérait beaucoup. D'après la légende, on dit qu'il est entré et ressorti par 14 portes et c'est pour cela qu'on l'appelle actuellement « Sidi Yahia Moula Arbata'achen Bab » C'est-à-dire Sidi Yahia qui a 14 portes et dans son mausolée actuel, nous trouvons effectivement 14 portes pour pérenniser le symbole de sa vénération de Sidi M'hamed Bénali.

 Les disciples qui sont passés par la Mosquée de Sidi Ahmed Bou Maïza

 (Sadouk Lakhdar est préposé aux prières courantes sauf le Vendredi où un imam titulaire vient diriger la prière des croyants au Vieux Ténès dans la mosquée de Sidi Ahmed Bou Maïza).

ISHAK  IBRAHIM IBN YEKHLEF IBN ABDESSALAM ETENSI

Né à Ténès, il partit à Bejaia en quête de sciences et se déplaça en Tunisie où il étudia la logique et d'autres sciences auprès d'El Karafi Ibn Fakir Elaid  ou bien Chems Eddine El Isbahani puis retourna à Ténès. Lorsque Yaghmoracen Ibn Ziane occupa la ville, il le prit avec lui à Tlemcen pour enseigner la théologie et la philosophie. Parmi ses élèves, on peut citer : Abu Abdellah Ibn Merzoug, Djed El Djed, Abou Abdellah Ibn Elhadj Abdari, auteur du « Medkhel ». L'œuvre se trouve être la plus importante en dix volumes du livre de Ibn Abi Mohamed Abdelwahid El Maliki, « Méthodes et pédagogie de l'enseignement ». Il mourut à Tlemcen en 680 de l'Hégire (1302).

ABOU EL HASSAN IBN YEKHLEF ETTENSI

Frère de Abou Is'hak Ibrahim, il le remplaça dans l'enseignement. Il eut une grande notoriété auprès du Roi Yaghmoracen et d'Abou Saïd 1er. Parmi ses œuvres, on peut citer : « Explication de la diction » œuvre en dix volumes. « Logique et Méthodes de calcul » ceci en plus de plusieurs œuvres de théologie (Elbatine oua Dhahir, El Mahçoul, etc.….) Il mourut à Tlemcen en 706 de l'Hégire (1328). Il fut enterré à côté d'Abou Abou Medjène Chouaïb.

ALI IBN MOHAMED BEN AHMED BEN MOHAMED ETTENSI

Il est le neveu d'El Badr Mohamed Ben Ahmed, frère de Chihab Ahmed. Homme de science, il forma plusieurs générations d'intellectuels et d'enseignants. Il écrivit plusieurs fatwas. Il siégea entre autres dans les cours de Syrie en tant que Docteur de Loi. Parmi ses nombreuses œuvres ; « El Oussoul fi dine » - « El aadh » -  « Métaphores et rythmes »  -  « Sciences de la communication »

Né à Ténès en 831 (1455), il mourut le 7 Choual 1875 de l'Hégire (1497)

 MOHAMED IBN ABDELDJALIL ABOU ABDELLAH ETTENSI

Il apprit des savants tels qu'Abi El Fadhil Ibn Merzoug, El Okbani, Ennediari, Tazi et Ibn El Abbas. Il enseigna la philosophie et la psychologie, les sciences juridiques. Ses œuvres les plus importantes : « Structure des hiérarchies et la désobéissance dans l'Etat Zianide » - « Sciences juridiques – Edhabt » - « L'âme des âmes ». Il fut le premier à parler de l'existence des juifs du Taout. Il mourut en 899  de l'Hégire (1521)

PROPOS RECUEILLIS DE CHEZ / LOUMI LAKEHAL BEN MOHAMED

Né le 3 Octobre 1925 à Heumis (arch) j'ai appris le Coran lorsque j'étais très jeune. J'ai étudié la langue arabe et sa grammaire chez El Alama Cheikh El Djilali El Boudali dans l'école El Khaldounia. Nous étions 36 élèves (Talebs). Je fus ensuite enseignant d'arabe pendant plus de trente ans à Bouzeghaïa. L'ouverture d'El Khaldounia a été en e1941 par Cheikh El Djilali El Boudali. Cheikh Toufik El Madani est venu pour l'inauguration de l'Ecole El Khaldounia. Cette dernière fut ouverte de nuit en présence du Cheikh Toufik El Madani.

La mosquée de Lalla Aziza se trouve dans la place du Vieux Ténès qu'on appelle « Rahba ». Certains avancent que Lalla Aziza est la fille de Sidi Mérouane qui était marin et qu'elle était sa fille unique. Il était corsaire en quelque sorte et tous les bateaux qui s'aventuraient dans les eaux territoriales de Ténès, il les accostait et les dépouillait de leurs biens qu'il distribuait aux pauvres sur la plage de Ténès. D'autres disent qu'elle est la fille du Bey de Tunis qui fut mis en résidence surveillée à Ténès (Ksar El Bey – avant la villa Paulette – juste en face du port actuel de Ténès). Là aussi, il est dit qu'elle était fille unique et qu'elle était très pieuse et a voulu suivre son père (le Bey de Tunis) dans son exil. On lui érigea cette mosquée en son honneur.

Jusqu'à présent, la mosquée de Lalla Aziza est en fonction et fait le plein de fidèles, surtout les Vendredis.

DHARIH SIDI AHMED BOU MAÏZA  (Tombeau) se trouve à l'intérieur de la mosquée, juste à l'entrée et à droite de la salle de prière. Certains disent que sa femme est enterrée à côté de lui, d'autres prétendent que le deuxième tombeau est celui de Sidi Ben Athman, un autre saint enterré à côté de lui. 

DHARIH (TOMBE) SIDI AHMED BOU MAÏZA dans la ville du Vieux Ténès.

La mosquée date du 9ème siècle après Jésus Christ. Le style ancien utilisé dans la couverture du toit est de type très ancien. Plusieurs savants en théologie sont passés par ce lieu de culte et d'enseignement.

A l'intérieur de la mosquée de Sidi Ahmed Bou Maïza, il est rapporté que l'un des piliers soutenant la voûte et le plafond est en or, et qu'il a été rapporté d'El Qods ou du Hidjaz (La Mecque).

 

 


24/05/2009
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Le Saint (Marabout) "Sidi Salah Boukabrine"

       L'HISTOIRE DE « SIDI SALAH »

            Sidi Salah, quand il est venu de rio de oro, a vécu chez les Béni Hellaguas. Au lendemain de l'inquisition en Espagne et la fuite des musulmans et des juifs d'Andalousie, plusieurs hommes de lettres et de sciences revinrent en force en Afrique du Nord à partir du début du 16ème siècle, cherchant refuge auprès de leurs pairs au Maroc, en Mauritanie, En Algérie et en Tunisie, car ils étaient pourchassés par toutes les armées d'Europe qui prêtaient main forte au roi d'Espagne dans sa campagne d'inquisition, c'est-à-dire, l'abattage systématique de tous les musulmans trouvés en Andalousie. Une campagne anti-sémite de grande envergure eut lieu. Même les juifs d'Espagne n'y échappèrent pas et ils refluèrent eux aussi vers l'Afrique du Nord et s'y installèrent.

            Dans le temps dans la région de Chlef, il y avait un fellah à qui on avait demandé de prendre en charge un pauvre berger (hère en vadrouille) pour garder les moutons et chèvres en contrepartie de son gîte et de son couvert. Le fellah accepta et le prit pour garder ses moutons. Il partait tous les matins avec les troupeaux et il s'allongeait sur une très grande pierre plate (saffaha) et somnolait tandis qu'on voyait les perdrix qui descendaient par groupe autour de lui et commençaient à le dépouiller de ses poux. D'un autre côté, les loups eux-mêmes lui gardaient son troupeau. Il a été remarqué par les habitants de la région qui ont rapporté les faits au Fellah chez qui il a été affecté. Voulant s'en rendre compte par lui-même, le lendemain il suivit Sidi Salah jusqu'aux pâturages. Il remarqua de ses propres yeux que ce qu'on lui avait rapporté était la pure et stricte vérité. Il s'en retourna chez lui sans rien dire. Le Fellah demanda à sa femme de préparer ses filles pour en marier une à Sidi Salah. Le Fellah avait sept filles. Sa femme prépara l'une d'elles pour les noces que son père lui prévoyait avec Sidi Salah, le nouveau berger qu'on lui a adjoint au retour de  l'Andalousie. Personne ne le connaissait. C'était un grand penseur et Aalem qui avait appris toutes les connaissances et récitait le Coran par cœur ainsi que le Hadith et la Sunna de notre prophète Mohamed (que la prière et le salut soient sur lui). Il avait tout perdu au lendemain de l'inquisition qui se poursuivait en Espagne. Le soir, quand Sidi Salah rentra des pâturages dans la montagne, le fellah lui dit :

- Toi ! Tu ne dois plus faire le berger, tu ne garderas plus le troupeau. Tu resteras ici aux alentours de la maison et je te demande de choisir l'une de mes filles comme épouse. Le fellah, au regard de l'indécision de Sidi Salah, lui présenta l'une de ses filles et lui dit : « Voilà ! Celle-là fera bien l'affaire. Elle sera ton épouse. Ils préparèrent les festivités et invitèrent quelques membres de la famille seulement qui n'en crurent pas leurs yeux et demandèrent à leur cousin pourquoi marie-t-il sa fille à un berger dont on ne sait rien ? Le fellah leur répondit que lui savait des choses que les autres membres de la famille ne savaient point. Tard dans la soirée, la fille a été préparée par sa mère pour  recevoir son futur époux et attendait ce dernier dans la chambre. Vers les coups de minuit, Sidi Salah se présenta et entra dans la chambre. Il ne s'approcha guère de la fille et passa la nuit dans un coin de la chambre. A un moment donné, la fille ayant eu peur de ses parents, se rapprocha de Sidi Salah qui la repoussa en la pinçant et lui dit : « Ma servante m'est interdite et la salhia sera mon épouse ». Le lendemain matin, Sidi Salah répéta la même formule au Fellah  « ma servante m'est interdite et la salhia sera mon épouse » et lui demanda d'aller voir le patriarche de la Bocca ou du Douar pour lui demander sa fille pour Sidi Salah. Le Fellah obtempéra, sachant qu'il était devant un phénomène qu'il ne pouvait expliquer, pour lui, Sidi Salah avait l'étoffe d'un Saint et il ne fallait point transgresser ses ordres. Il se présenta chez le patriarche pour lui demander la main de sa fille pour Sidi Salah. Le patriarche entra dans une colère monstre et dit :

-« Tu n'as pas honte de venir me demander la main de ma fille pour un berger que je ne connais ni d'Eve ni d'Adam, et pourquoi ne lui donnerais-tu pas ta fille ?

- Mais je l'ai fait, Sidi mais il n'a pas accepté. Il m'a dit en ces termes : « Ma servante ne peut être ma femme, ce n'est que Salhia qui sera mon épouse ». Le patriarche ne crut pas le fellah et le renvoya. Il s'en retourna et rapporta les faits à Sidi Salah qui resta impassible et ne dit aucun mot. Le lendemain, le patriarche qui était en même temps imam et professeur, car ayant des talebs en stage chez lui, au moment des ablutions se sentit efféminé et n'ayant plus de sexe masculin, commença à pester sur ce qui lui arrivait. Quelques minutes après, les talebs vinrent vers lui et lui racontèrent  leur mésaventure. Il leur dit qu'ils étaient tous dans le même pétrin et que c'était ce fellah et son berger qui nous ont jeté un mauvais sort parce que je leur ai refusé ma fille. Maintenant, il va falloir préparer ma fille pour ses noces et la ramener vers le berger du Fellah pour nous éviter ces désagréments et mettre ainsi fin à ce sortilège. Lorsque Sidi Salah se réveilla le lendemain, il demanda au fellah qui l'abritait d'aller  vers l'Imam patriarche pour lui redemander la main de sa  fille. Le fellah lui répondit :

-« Mais j'y étais hier et il m'a catégoriquement refusé ! Sidi Salah lui répondit qu'il acceptera sans aucune réserve et à savoir si tu ne le rencontreras pas en cours de chemin ramenant lui-même sa fille pour me la marier.

       Le patriarche maria sa fille à Sidi Salah et ce dernier  eut plusieurs enfants de par cette union.  Sidi Ahmed ben Mansour, Sidi Ahmed Ben Ahmed et un troisième dont j'ai perdu le nom, je crois qu'il s'appelle Salah comme son père.

       L'histoire des deux tombes de Sidi Salah. Il avait ses serviteurs à Louata. Il habitait loin des deux tribus ou douars. Ses serviteurs de Louata ont avisé la tribu des Merabtines que Sidi Salah était mort et qu'on allait l'enterrer. Ils prirent le linceul pour l'enterrer. Les deux tribus avaient toutes les deux préparé le tombeau, chacune dans son fief. Toutes les deux vénéraient Sidi Salah et chacune d'elles voulaient l'enterrer chez elle. Il y eut altercation entre les notables des deux tribus. Pour mettre fin à cette polémique, les plus sages d'entre eux leur ont proposé une solution équitable. Ils leur dirent que la dépouille de Sidi Salah devait rester là à mi-chemin entre les deux tribus et que ces dernières devaient revenir chez elles pour prendre soins des gens venus présenter leurs condoléances et les faire manger. Et le lendemain à partir de quatre heures du matin, (il n'y avait pas de réveil, il y avait le coq pour réveiller les gens), le premier qui arrivera au linceul verra Sidi Salah enterré dans sa tribu. Ils laissèrent le linceul de Sidi Salah dans le mausolée de Sidi Ahmed benZiane et avaient fermé la porte à clé. Pour éviter toute controverse, les deux tribus laissèrent chacune quatre vigiles pour garder le cercueil. Durant la nuit, les vigiles s'endormirent. Le lendemain matin, les deux tribus se présentèrent à l'endroit où elles avaient laissé le linceul la veille et ne le trouvèrent point. Ils passèrent à tabac les vigiles et leur demandèrent où était passé le linceul. Il leur fut répondu qu'ils s'étaient assoupis à un moment donné et lorsqu'ils se réveillèrent, il n'y avait plus de linceul. Chacune des tribus pensait que c'était l'autre qui l'avait embobinée et pris le linceul de Sidi Salah pour elle seule. Pour en avoir le cœur net, tous les membres des deux tribus se dirigèrent vers la première tombe qu'ils avaient creusée aux fins d'enterrement de Sidi Salah, et ils la trouvèrent refermée. Le même résultat fut constaté pour la deuxième tombe. Les notables des deux tribus s'en remirent à Dieu et se dirent qu'il était mieux ainsi et que Sidi Salah en homme saint, avait demandé peut-être à Dieu de clôturer à sa façon cette polémique qui avait plus  ou moins dégénéré et qui pourrait l'être encore plus. Certains notables dirent que Sidi Salah était enterré dans la Zaouia de la Forêt et que sa « Baraka » est montée vers trois marabouts. Ils avaient décidé de faire le « ta'âm » deux fois par an. Une fois chez ceux de trois marabouts et une fois dans la zouia de la forêt et c'est resté comme cela jusqu'à nos jours. On célèbre Sidi Salah par deux « ta'âm » dans l'année. Un au Printemps et l'autre en Automne.

Propos recueillis par Mohamed Boudia chez Benaziz Kaddour (ancien employé de la Sonacome).

 

Il y a un adage qui dit « Celui qui veut tout avoir, il n'a qu'à aller chez les fils de Sidi Salah »

  « Elli yebghi yeflah yaqsoud ouled Sidi Salah »

 

Il y a Sidi Salah de la forêt et celui des trois marabouts. Lui est mort chez les « louatas » dans l'Ouarsenis.

Les servants « El Khouddame »

        Anecdote durant la révolution

Durant la révolution, on raconte que sur la route menant vers Bordj Bounaâma, un convoi militaire montait vers cette dernière bourgade. Arrivé à hauteur de Sidi Salah, tous les véhicules s'étinrent et s'arrêtèrent net. Il y avait un sergent nommé Boumaza, qui était algérien, dit au Capitaine commandant le convoi. Mon Capitaine ! Ca, c'est Trois Marabouts, c'est un grand marabout musulman, il faut lui donner des offrandes sinon on ne pourra pas passer. Le capitaine ordonna aux militaires de descendre des camions et de donner les victuailles à un vieillard qui était assis là, devant le mausolée de Sidi Salah. Lorsqu'ils redescendirent, ils appuyèrent sur les démarreurs et tous les moteurs des camions, des half-tracks et des jeeps se mirent à vrombrir et la colonne poursuivit son chemin vers l'Ouarsenis.

                              Mohamed Boudia 


10/04/2009
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