CULTURE A CHLEF - EL ASNAM -

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CAFÉ LITTÉRAIRE DU 12 DÉCEMBRE 2015

CAFE LITTERAIRE DU 12/12/2015

Depuis l’ouverture du café littéraire de Chlef au niveau de la salle de cinéma « El Djamel au centre-ville de Chlef, plusieurs conférences ont été données en ce nouveau lieu de la culture.

En début de séance, des vidéos sur la guerre d’Algérie et sur les manifestations qui se sont déroulées tout au long de la révolution, ont été projetés par Data show en ouverture du Café littéraire.

M. Hrache Beghdadi dit Kaddour, agrémenta l’assistance par une musique orientale, douce et très mélodieuse qui reposa moralement l’assistance avant le commencement du café littéraire.

Pour cette séance du 12 Décembre 2015, sous l’animation de Monsieur Saâdoune Bouabdellah, après les souhaits de bienvenue aux adeptes présents dans la salle, la parole fut donnée à l’invité du jour, M. Dahmane Noureddine, enseignant universitaire à l’université Hassiba Benbouali d’Ouled Farés, qui agrémenta l’assistance par une conférence sur les langues étrangères et leur enseignement dans l’école algérienne.

Le sujet a suscité beaucoup de débats et des questionnements très pertinents de la part de l’assistance présente dans la salle.

Afin de ne pas alourdir l’atmosphère, l’animateur fit appel à plusieurs poètes qui ont su agrémenter l’assistance par leurs poèmes tant classiques que lyriques et populaires (melhoun).

Allali Miloud, poète de melhoun gratifia l’assistance par trois poèmes qui ont eu un impact certain sur les présents. La parole fut ensuite donnée à notre éminent poète, Boudjelthia Abdelkader, qui s’est absenté depuis bien de mois du café littéraire, revenant au bercail, a su donner à l’assistance le goût pour la poésie arabe.

La petite Benmériem Hanya, de par sa diction formidable et son intonation dans la voix a su captiver l’écoute de la salle par son chant national « mawtini » auquel elle a su donner un autre timbre qui émerveilla l’assistance.

M. Madaoui Maâmar, poète de melhoun a lu une ode pour notre regretté Aït Saada Maâmar qui a ému toute l’assistance.

De passage fortuit dans notre ville, Cheikh Mohamed Essougri, a tenu à assister à cette séance du café littéraire et a embelli de sa présence et de sa voie cette aire culturelle qui se veut l’antre de tous les écrivains, les poètes et tous les amoureux des belles lettres.

La parole fut ensuite donnée à M. Mohamed Boudia qui fit une courte communication sur les manifestations du   11 Décembre 1960. Il devait, en outre, dire :

« Les moudjahidines ont été un peu malmenés par les troupes françaises dès le début de l’année 1958, alors le FLN décida de porter la révolution sur la terre de France en créant l’OCFLN qui devait harceler la France coloniale même dans son fief, afin de desserrer l’étau qui se refermait de plus en plus sur les maquisards algériens et ainsi éviter le débarquement de nouveaux contingents qui pourraient mettre en péril l’A.L.N. Il y eut la grève de huit jours en Algérie, puis des manifestations en France contre le couvre-feu et l’étoile jaune imposées par Maurice PAPON et ses acolytes.

Les dirigeants français s’entêtaient à vouloir maintenir l’Algérie sous la coupe de la France Coloniale malgré les différentes insurrections qui se sont produites depuis l’aube de la colonisation. Les desseins des militaires et politiques français n’étaient pas seulement initiés dans le but de coloniser l’Algérie mais de coloniser toute l’Afrique, d’ailleurs leurs généraux et colonels "bouchers" ont toujours été appelés général de l’armée d’Afrique ou Colonel ou commandant de l’Armée d’Afrique. Malgré la révolution qui faisait rage dans les montagnes d’Algérie, le Général de Gaulle se plaisait toujours à dire que la France s’étendait de Dunkerque à Tamanrasset.

C’est à l’occasion de sa visite en Algérie que le F.L.N décida de faire des manifestations pacifiques pour contrer les desseins de De Gaulle. Ce soulèvement populaire devait donner un plus à la Révolution qui commençait à faiblir par les différentes opérations initiées par les Généraux tels (Challes, Jouhaux, Salan, Colonel Bigeard, etc..), qui étaient les fervents adeptes de l’Algérie Française (c’étaient eux les putschistes qui ont voulu renverser le Gouvernement Français. Ils ont été aussi les promoteurs de l’O.A.S. qui a plongé l’Algérie dans un bain de sang.

Le 11 Décembre 1960 se devait de faire valoir aux yeux du monde la détermination des algériens à vouloir leur indépendance contre vents et marées. Le « Je vous ai compris » de De Gaulle n’avait rien de prodigieux pour les algériens. Leur seul et unique but dans ce soulèvement, c’était marquer la présence et l’allégeance du peuple au F.L.N pour ne faire qu’un seul et même bloc et contrer toutes les velléités des dirigeants français d’alors.

Les manifestations des français le 9 Décembre 1960 à Témouchent pour soutenir l’idée du Général De Gaulle qui scandait « Algérie Algérienne »  sous le parapluie français ont été suivies par les manifestations du 10 Décembre 1960 organisées par les colons français qui voulait une « Algérie Française ». Le FLN n’avait plus d’autre alternative pour contrer la politique de De Gaulle que d’organiser des manifestations pacifiques prônant « l’Algérie Musulmane Indépendante ». Le peuple s’est soulevé comme un seul homme avec des slogans tels « Vive l’Algérie Musulmane » « Vive le Front de Libération Nationale » « Vive Le Gouvernement Provisoire de la République Algérienne ». Les drapeaux ont été levés dans toutes les villes et villages d’Algérie pour montrer au monde son attachement au FLN et à l’indépendance totale du pays. Les manifestations durèrent plusieurs jours dans les plus grandes villes du pays telles Alger, Oran, Chlef, Constantine, Annaba et dans bien d’autres villes et villages du pays. Les mêmes slogans étaient scandés dans toutes les villes pour marquer l’unité du peuple algérien et son allégeance inconditionnelle au F.L.N. Le Président Ferhat Abbas avait fait un discours éloquent pour louer la lutte du peuple algérien et saluer la réussite des manifestations qui ont mis à nu la politique coloniale d’extermination de la France. A partir de ces manifestations, la question algérienne fut inscrite à l’ordre du jour de l’ONU qui reconnut le FLN comme seul interlocuteur dans les pourparlers à venir. Dans le monde politique international, la France fut isolée et le FLN eut droit à une reconnaissance internationale presque générale.

Pour marquer l’intransigeance du peuple algérien vis-à-vis de sa liberté, des manifestations furent organisées en Septembre 1961 et le 17 Octobre 1961 pour se dresser contre le couvre-feu et les agissements raciaux de Maurice Papon et de ses sbires. Ce fut un carnage qui a vu plus de deux cent tués, plusieurs centaines de disparus et plusieurs milliers de blessés parmi les femmes, les enfants et les vieillards. Ces manifestations furent aussi suivies par celles du 1er novembre 1961, qui donnèrent à la légitimation du FLN, une poussée très forte au niveau des pourparlers entres les dirigeants français et les représentants du FLN et du gouvernement provisoire de la République Algérienne.

Parmi les slogans scandés et inscrits sur les bannières et banderoles, « Un seul héros, le peuple » n’est pas désuet mais il reflète bien la participation effective du peuple dans l’accomplissement de la révolution jusqu’à l’indépendance du pays. Le peuple a été la dynamo qui rechargeait les accus de la révolution et la poussait vers le rivage de la liberté.

Nous devons rendre hommage à tous ceux qui ont donné leur vie pour que vive la Nation Algérienne, Libre et Indépendante – « Gloire à Nos Martyrs » « Vive l’Algérie » MALGRE TOUT  ET AVANT TOUT HYA BLADI ».

                                                                            Mohamed Boudia - Ecrivain

 



15/12/2015
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