CULTURE A CHLEF - EL ASNAM -

CULTURE A CHLEF - EL ASNAM -

HOMMAGE à Mohamed MAHDI (Ancien Chef Scout "Eclaireurs Unionistes" Officier de l'ALN

           ASSOCIATION DES RESISTANTS ET

      AYANTS-DROITS DE LA WILAYA DE CHLEF

            Dates qui ont marqué la riche vie

    du Président d’Honneur de cette association

               *Le Moudjahid MAHDI Mohamed *

 

Né le 05 Avril 1908 à Alger                                                    Scolarité primaire : 1914 – 1920 à Chlef                            Collège : 1920 – 1923 à Chlef                                                   Ecole Normale : 1923 à 1956 à Bouzaréah Alger                       Instituteur primaire : 1927 – 1931 en Kabylie                         Chef Scout : « Eclaireurs Unionistes » 1936 – 1948              (Groupe : Cheikh Mohamed Abdou)                                        Course motocycliste Alger- Oran et retour contre le train GARETT, qualifié de train le plus rapide à cette époque : 1938                                                                                      Instituteur primaire : 1931 – 1957 – Chlef (Orléansville)       Durant la révolution : P.M. de la ville de Chlef (1955 – 1957) 

(Politico-militaire) Premier responsable de l’O.P.A  F.L.N. Recherché, il rejoint le maquis à Médjadja – 1957         Evacué au Maroc par le F.L.N en Avril 1957                        Blessé à la frontière, il n’arriva à Oujda qu’en Juillet 1957     Responsable des réfugiés à Oujda - 1957 – 1958 –            Chargé du passage des armes vers la wilaya IV – 1958-1960

Instituteur Oued Zem-Responsables des réfugiés 1960-1962

Nommé Sous-préfet à El Asnam en juillet 1963          Inspecteur Primaire Janvier 1963 à Novembre 1966 Inspecteur Général des Constructions Scolaires – 1966-1974

Retraite en 1974                                                                  Président d’honneur des anciens S.M.A de Chlef          Président d’honneur de l’A.R.A.D. (Association des anciens Résistants et des Ayants-droits de la wilaya de Chlef) Président d’honneur de l’Association des Anciens Enseignants de la Wilaya de Chlef                                        Cadre de la Nation (officier de l’A.L.N)                               Décédé à Chlef, le 27 Août 2001


           EXPERIENCE E.D.F. de TROUPES MUSULMANES

 

Les éclaireurs de France s’occupaient spécialement des enfants européens ; ils étaient les premiers à s’implanter en Algérie et en 1930, ils comptaient 27 unités dans les six villes principales d’Algérie.

 

Après les manifestations du centenaire, ils furent les premiers à vouloir intéresser les algériens musulmans à leur entreprise. Leur responsable ne Algérie, André Lefèvre, prend contact avec les quelques élèves-instituteurs de l’Ecole Normale. Deux instituteurs indigènes furent intéressés par la méthode scoute mais ils firent une expérience sans lendemain dans l’Oranie et ce, parce que :

« Les questions de race posent des problèmes de coéducation infiniment délicate. Il suffit parfois d’une majorité d’éclaireurs européens pour faire fuir les petits indigènes. La réciproque est rigoureusement vraie ».

 

D’ailleurs les adhésions de musulmans aux EDF ne dépassait jamais un ou deux jeunes musulmans (30).

Devant cette situation issue de l’opposition des deux communautés, les EDF seront les premiers à faire confiance à un encadrement strictement musulman pour créer des

troupes constituées par des « petits indigènes » à Bouira, à Ghardaïa, à Sour-El-Ghozlane (Aumale) et surtout à Chlef (El-Asnam – Orléansville). C’est dans cette ville qu’ils réussissent quelque temps grâce à un jeune instituteur, Mohamed Mahdi. Cet homme remarquable était très estimé par le milieu populaire musulman auquel il est attaché et par la jeunesse musulmane qui l’admirait particulièrement lorsqu’il établit un record de vitesse sur la distance Alger-Oran en moto.Mahdi expose lui-même son expérience d’une troupe musulmane chez les EDF dans le bulletin « Le Chef » en 1946.

 

Dans la ville de Chlef (El Asnam – Orléansville) existait une troupe scoute EDF qui regroupait surtout les enfants de colons qui ne voulait aucunement se mêler aux petits indigènes. C’est pourquoi, on entreprit de créer une troupe à part, entièrement musulmane.

Lorsqu’en 1940, le commissaire EDF d’Orléansville me demanda si je voulais lui apporter mon aide à l’éducation des enfants musulmans au sein du scoutisme, j’avoue que je ne voyais pas très bien le but d’une telle éducation, bien qu’étant instituteur, je me méfiais un peu de cette nouveauté. (31)

 

Mouvement Laïc, les EDF ne pratiquaient pas l’éducation religieuse comme les SDF ; leurs scouts étaient libres de pratiquer, hors du local, leur religion ; mais pour les musulmans, c’était des chrétiens avec donc, une religion différente, des coutumes, des fêtes spécifiques et tout cela les laissait perplexes. Au contact de ces petits chrétiens, leurs enfants ne seraient-ils pas progressivement imprégnés avec le risque de renier par la suite leurs mœurs, leurs propres coutumes, voire leur religion ?

Pour nous, musulmans algériens, le problème était complexe ; d’une part, nous sommes profondément  attachés à nos traditions, à nos mœurs, à nos coutumes et d’autre part, nous voulons nous élever au niveau du progrès occidental. Il y avait là un paradoxe qui a longtemps freiné notre marche en avant faute de méthode qui aurait concilié le tout.

 

C’est pourquoi dès les premières réunions, dès les premières sorties, dès les premiers contacts, l’enthousiasme battit son plein car le scoutisme offrait à nos jeunes musulmans quelque chose de plus que l’école : L’exercice de leur religion en même temps que des activités éducatives et instructives.

 

Mahdi s’est tout de suite rendu compte que si les considérations religieuses posaient un problème, d’autres considérations d’ordre politique, celles-là, caractérisaient l’adolescent musulman, c’est-à-dire, le routier.

Je dois dire que j’ai rencontré plus de difficultés avec l’âge routier à cette époque, parce que les esprits étaient déjà imprégnés d’une certaine animosité contre tout ce qui n’était pas spécialement musulman et malgré l’exemple de ma piété, on se méfiait de ce scoutisme français.

 

Toutes ces difficultés et son manque d’expérience, ne découragent guère l’éducateur, l’homme de bien qu’il est, il arrive à s’entourer d’amis et de collaborateurs jeunes et dynamiques et faire admettre le scoutisme auprès de ses compatriotes.

 

(30) – André Lefèvre – Bulletin EDF – « Le Chlef » Mars 1933

(31) Mahdi sera parmi les Orléansvillois qui rejoindront le maquis.

 

La bibliothèque régionale de la wilaya de Chlef porte désormais son nom -

 

 



04/03/2011
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