CULTURE A CHLEF - EL ASNAM -

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OUEDJ'H EL KHROUF MA'ÂROUF

             J'ai donné seulement un aperçu du livre qui va être édité. D'un autre côté, le livre comprend plus ou moins une étude psycho-sociologique des adages à travers les âges.

 

« Ouedjh el khrouf ma'arouf » Le visage de l'agneau est bien connu. (On le dit pour quelqu'un de bonne famille pour le féliciter de sa droiture et de son intégrité). Nous avons l'équivalent en français qui dit : « Bon sang ne saurait mentir ». Lorsqu'on s'adresse à quelqu'un avec cet adage, nous lui faisons un compliment de bonne conduite et de bonne souche.

 

/- « Ma zaoudjou hata ettechebhou ». Ne se marient que ceux qui se ressemblent. C'est-à-dire qu'ils ont les mêmes manières. Nous avons le même sens dans un proverbe français : « qui se ressemblent  s'assemblent ».

 

                   Dans le cas précis de cet adage, il est fait allusion à la ressemblance entre deux personnes ou entre deux manières d'être.

 

« Ma dra belmezoued illa li dhrab bih ouella n'dhrab bih ». Ne connaît le fouet que celui qui l'a donné ou celui qui l'a reçu. C'est-à-dire, chacun est au courant de ses propres douleurs.

                   Dans cet adage, nous constatons qu'il est fait allusion à la torture dans son sens le plus large du terme.

 

« Ki techba'a elkerch, tgoul lerrass ghani ouala denni ». (Ventre rassasié demande à l'esprit de chanter ou de gambader). Tout un chacun parle pour lui-même. Se dit aussi à quelqu'un qui n'est plus dans le besoin et qu'il peut dire ce qu'il lui plait. Cela dénote une certaine aise dans la vie de quelqu'un.

« Temchi el kra'a  ouin eheb el gualb". On peut dire aussi:"Temchi el kra'a ouin eheb el khater".  Le pied va où le cœur aime. C'est-à-dire que quelqu'un rend visite à ceux qu'il aime. Cet adage nous ramène au proverbe français qui dit : « les goûts et les couleurs ne se discutent pas »

 

« Kallet echi trechi oua tnaouadh mal djema'a ». Le manque de choses annihile l'individu et lui fait quitter la communauté. C'est-à-dire que lorsqu'on n'a pas d'argent, nous sommes déconsidérés et nous ne pouvons faire partie d'une communauté nantie.

 

«  Elli behmarou had ma djab khbarou ». Celui qui a son âne, personne ne connait ses nouvelles. C'est-à-dire que celui qui a son moyen de locomotion, aucun autre individu ne sait où il peut aller, ni connaître sa destination,  ni même relater les péripéties qu'il a effectuées.

 

/- « errih essarsare oumrou ma yansa're ». Une tornade ne peut être ni dirigée ni orientée par l'être humain. Se dit lorsqu'il est impossible de concrétiser ce que nous projetons. Nous avons presque le même sens dans l'adage français qui dit : « Il ne faut pas tenter le diable »

 

« elmandba kbira ouel mayet fare ». Les lamentations sont gigantesques et le mort n'est qu'un rat. Se dit lorsqu'on médiatise trop un évènement qui ne le mérite pas. Nous avons à peu près le même sens dans le proverbe français suivant : « la montagne a accouché d'une souris »

 

 

/- « djezzar ou yat'acha belef » ou « djezzar ou yat'acha bilefte ». Le boucher dîne avec les abats ou le boucher dîne avec les navets. Ces derniers sont considérés comme la viande sur le couscous par les démunis. Se dit pour qualifier quelqu'un qui se prive tout en étant bien nanti.

                   Cet adage pourrait avoir une connotation négative si l'on se prend à médire de quelqu'un pour lui rappeler qu'il est radin.

 

« el guadoum sabat  yedeha ». La bêche a trouvé son manche. Se dit lorsqu'on constate une entente parfaite entre deux personnes.

 

« ettrig b'aïniha ou el ghaba biouadhniha ». La rue a ses yeux et la forêt a ses oreilles. Se dit lorsqu'on veut confier un secret à quelqu'un et qu'il faut prendre toutes ses précautions pour ne pas l'ébruiter. Nous avons l'équivalent en français : « Les murs ont des oreilles ». C'est une morale de conservation du secret confié.

 

« Elli kla djadj ennass issemène djadjou ». Celui qui a mangé le poulet chez les autres doit engraisser ses poulets. Se dit pour rappeler à quelqu'un qu'il doit rendre la pareille s'il est invité. Dans un sens plus large, lorsqu'on est aidé, à un moment donné, nous devrons renvoyer l'ascenseur lorsqu'on est sollicité.

 

« yegla'e ma ennifou oui dir fi sadrou ». Cela veut dire que l'on ne doit pas enlever la morve de son nez et l'essuyer sur son torse ou sa poitrine. Peut être employé lorsque nous voulons faire comprendre à quelqu'un que l'on ne peut pas porter atteinte à soi-même ou à ses proches.

 

« esselfa a'assifa oua law kanet oussifa ». La femme du beau-frère est une tornade même si elle parait calme comme une servante. Se dit pour quelqu'un en qui on ne peut faire confiance malgré les apparences bon enfant. Nous avons un proverbe en français qui veut dire presque la même chose : « il faut se méfier de l'eau qui dort » ou « les apparences sont parfois trompeuses ».

 

53/- « elli yebghi issafer b'id  yat'halla  fi aoudou ». Celui qui veut voyager loin doit prendre soin de son cheval. C'est-à-dire qu'il ne faut jamais se précipiter pour arriver à bon port. L'équivalent en français : «  Qui veut aller loin ménage sa monture ». C'est-à-dire qu'il faut prendre en considération tous les paramètres pour pouvoir arriver à concrétiser nos aspirations propres.

 

 

 

57/- « Dir el kheir ouensahe, oudir elchar ouetfakrou » Fais le bien et oublie-le et fais le mal et souviens-t-en. Faire le bien et l'oublier, c'est-à-dire que l'on n'aura pas de remords, par contre si l'on fait du mal, notre conscience nous le fait ressurgir à chaque occasion qui se présente. C'est la morale en tout et pour tout. Un proverbe français est presque l'équivalent de cet adage : « comme on fait son lit, on se couche ».

 

 

63/- « « sidi mlih ouzadouh elhoua ouerrih » Mon maître est bon et on lui a rajouté de l'air et du vent ». Se dit lorsqu'on veut qualifier quelqu'un de simplet ou de vraiment dérangé.

 

72/- « Kaïne elli klamou fi foumou, Kaïne elli klamou fi koumou, ou kaïne elli klamou a'and oumou ». Nous avons comme traduction intégrale ce qui suit : « Il y a celui qui a ses paroles prêtes au niveau de sa bouche (au bout de la langue), il existe aussi celui qui a ses paroles en son for intérieur, et d'autres qui ont leurs paroles chez leurs mères. Ce qui veut exactement dire : Certains sont pédants et vous répondent du tac-au-tac, d'autres pensent dans un laps de temps plus ou moins court pour vous répondre, d'autres vous répondront difficilement car ils n'ont pas le verbe facile.

 

74/- « El medhbouha et'aïb  âala el mesloukha  oua elmeguet'â  cheb'êt  dhahk ». La traduction intégrale est la suivante : L'égorgée se rit de la dépecée, et la découpée en morceaux s'est repue de rire. Cela veut exactement nous faire remarquer que par moments des gens se moquent d'autres gens alors qu'ils sont aussi démunis ou aussi pauvres qu'eux, ou bien aussi analphabètes qu'eux.

 

85/- « El hdaïed fi ouakt echdaïed »C'est-à-dire, les fers durant les difficultés. Car dans les coutumes des algériens, posséder des bijoux était considéré comme une thésaurisation. On le dit pour confirmer qu'il faut bien se préparer pour les moments difficiles. C'est-à-dire prendre les devants des difficultés et ne pas être pris de court.

 

96/ - « kemcha n'hal kheir men chouari dhebene »Une poignée d'abeilles vaut mieux qu'un sac de mouches. On le dit pour définir l'élite d'une société donnée et pour rendre hommage à certaines minorités.

 

110/- « elli yabghi rkoub elkhaïl, yahmal taïhat'houm » Celui qui aime monter les chevaux doit accepter d'en tomber par moments. Se dit à quelqu'un lorsqu'on veut lui faire comprendre qu'il doit assumer ses responsabilités et être responsable de ses faits et gestes, en un mot de tous ses actes.

 

 



18/12/2008
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