CULTURE A CHLEF - EL ASNAM -

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Les Ouled Sidi Yedder des Medjadjas (CHLEF)

Les Ouled Sidi Yedder des Medjadjas (Chlef)

Culte esprits éclairés et saints patrons

Les Oulad Sidi Yedder des Medjadjas 

LES OULAD SIDI YEDDER DES MEDJADJAS (CHLEF ).

Les Cheurfa de la Medjadja, actuellement divisés, entre quelques ramifications éparses, en trais blanches principales :

 • Oulad-Sidi-Djilali-Ben-Abderrahmane ;

 • Oulad-Sidi-Ali Bouhassoun ;

• Oulad-Sidi Bouali ;

Ont une même origine, leur ancêtre commun fut : Sidi Yedder ben M'hamed Ben Ali ben Mohammed ben Samaïl ben Idris ben Slimane ben Mohammed ben Hachmi ben Ali ben Tahar ben Mohammed-Restoun ben Abdessalam-Ben-Mechich ben Abou-Beqr ben Ali ben Horma ben Aissa ben Salem ben Merouane, dit Amezoûar, ben Heldhara ben Ali ben Mohammed ben Ahmed ben Abdallah ben Idris-Laçgheur ben Idris -Laqbeur ben Abdallah l'Qamel ben Hassen El-Moutsana ben Hassene-Essibthi ben Ali-ben-Abi-Thaleb zoudj Fathima-Zohra Bent Rassoul-Allah (salla Allahou Âlaïhi oua Sallam). 

 Vers le milieu de la IX° corne de l'Hegire, SidiYedder, faisant partie d'un des premiers exodes des maures d'Andalousie, se rendit à Tlemcen, d'où, après s'être fait initier, par les grands maîtres de Bou-Médine aux doctrines soufites, il repartit pour islamiser dans le Tessala et les Médiouna. Après y avoir séjourné quelque temps, il reprit sa marche et s'installa avec sa famille chez les Ouathas des Bni-Merine appartenant à la confédération des Maghraoua (Berbères-zenètes). Le Cheikh Benachith déclare que les ancêtres des Cheurfa de Medjadja ont été apparentés aux Ahl Harfadh, dont l'ancêtre était aussi Abdessalem-ben-Machich ainsi qu'aux Bni-Horma, desquels descendent les Ahl-Ouazzane dont l'ancêtre était Imlah-Ben--Mechich, frère d'Abdesslam.

Sidi-Yedder, qui était déjà un wali réputé, fit de nombreux prosélytes ; son autorité s'affermit surtout grâce à sa prodigieuse puissance thaumaturgique. Mort très âgé il fut enterré entre les Beni-Rached et les Braz, en face Oued-Fodda.

Son fils Sidi Abdellah et son petit fils Sidi Ahmed continuèrent ses pratiques et affermirent leur suprématie. Au commencement de la dixième corne de l'Hégire, le célèbre santon Sidi-Ahmed-Benyoussef, ayant été reçu chez eux avec toute la déférence due à sa valeur, se prit d'amitié pour Ali-Bahloul , fils cadet de Sidi Ahmed, et après l'avoir initié aux doctrines des Chadoulia il lui conseilla de fonder, à Medjadja, une zaouïa, laquelle honorée de sa baraka connut des heures de prospérité, voire même de puissance.

Le frère aîné de Sidi Ali-Bahloul, Sidi saïd demeura à Oum-Drou, vallée du Cheliff de lui descendirent les Oulad Sidi Ahmed-Ben-Abdallah.

Sidi Ali Bahloul, bientôt devenu un personnage fort influent, grâce à sa science alliée a une énergie peu commune, soutint en 1514 (920 de l'Hégire) le débarquement à Ténès  des derniers fugitifs d'Andalousie, qui expulsés suivant les édits du Premier Ministre le Cardinal Ximenès de Cisneros, après la prise de grenade par les " Rois catholiques ", avaient pu gagner l'Ifrykia, grâce à la protection de la flotte de Kheïreddine. Ensuite il protégea la formation des contingents berbères d'Abd-el-Aziz et d'Ahmed-ben-el-Kadi, pou renforcer l'armée volante de Baba Aroudj Ahmed dit Barberousse 1er, roi d'Alger, assiégeant la Kalaa des Bni-Rached.

Sidi Ali Bahloul, qui a sa Koubba dans la zaouïa de Medjadja, laissa sept fils : Saïd, Smaïl, morts sans postérité ; M'hamed devenu chef de la zaouïa ; Bouali qui succéda à ce dernier ; Ahmed, qui devait être l'ancêtre des Mohi-Eddine (de Tablat et de l'Arba-Sidi-Moussa, près d'Alger), et des Ahl Moul -el-Oued, district de Médéa-Titteri ; Mihoub, ancêtre des marabouts de Rabtha (Akbou Mixte), et enfin Mohammed mort sans postérité au cours du saint pèlerinage de la Mecque.

Acquit, grâce à sa science et à ses vertus, une réputation qui s'étend dans tout le Maghreb, il professa dans la plaine d'Eghris, berceau des M'Charif et eut comme tlamid renommés Sidi Ahmed-Ben-Ali; Sidi Daho ; Sidi Ali Ben-M'Barek de Koléa, Sidi Ammar-Cherif de Bordj-Menaïel, Sidi Saïd Gueddoura, devenu muphti d'Alger ; Si Sahnoun-El Hadj du Djebel Djebel-Tamedrara (Ouarsenis) et Cheïkh Brahim Rhobrini, de Cherchell .

Après avoir parcouru le Sahara et atteint Ouargla, où il créa une zaouïa dont les khouddam sont les Arb-Saïd (Chadoulia et Kadria), Sidi M'hammed revint à sa demeure du Chélif, dite Zaouïet Sidi M'hammed-ben-Ali où il continua son enseignement. Mais il ne devait pas tarder à être victime de l'austérité de ses opinions : vers l'an 980 de l'Hégire, Ben Chekor, bey turc de Mazouna, avant conçu le projet d'épouser Fathma-Bent-Benchâa, veuve de son père, une contestation canonique s'éleva et la question fut soumise aux eulama. Tous accordèrent la main-levée de l'opposition, sauf cheïkh M'hammed-ben-Ali-Bahloul el- Medjadji, lequel déclara formellement la chose Haram (illicite). Malgré les supplications, les injonctions et les menaces du Bey, le savant maintint la sentence et le mariage ne fut pas célébré. A quelque temps de là des tholba du marabout Benchâa, soudoyés par Ben Chakor, se firent admettre à la zaouïa ; et, une nuit, profitant du sommeil de Sidi M'hammed Ben-Ali, ils l'égorgèrent. Mais ce dernier, bien que la gorge tranchée, eut encore la force de leur crier : " ô maudits, mon sang rejaillira sur vous et sur le traître ! " le lendemain, le vénéré chef mourait ; et peu après affirmait sa sainteté par un miracle posthume : En effet, on avait tenté à trois reprises différentes de creuser sa fosse dans la crypte ; mais chaque fois l'eau jaillissant, rendait tout travail impossible. Sidi Bouali puîné du défunt, atterré par ce contre-temps, réfléchissait pendant la nuit au moyen d'y remédier, lorsqu'il perçu la voix de son frère ordonnant : " Demain à l'aurore, prends, toi-même, une pioche et creuse en avant du tombeau de notre père ; là, tu découvrira tout prêt un kbor voûté tel celui du Nebbi (le salut sur lui !) ". Ainsi procéda Sidi Bouali ; et, c'est dans ce miraculeux tombeau que repose le docte Fakih, dans la miséricorde de Dieu.

Quant au Bey Ben Chekor et à ses complices, le Dey Chaâbane, pacha triennal d'Alger, outré de leur sacrilège. Les fit massacrer sons merci, en rebiâ de l'an 1000 de l'Hégire (1592 J.C).

A l'occasion de cette fin tragique, le muphti d'Alger, Cheikh Saïd Gueddoura, ancien telmid de Sidi M'hammed-ben-Ali, adressa au frère et aux fils de ce dernier une remarquable Qaçida religieuse.

Sidi Bouali Ould Ali-Bahloul, succéda à son frère, il fut le chef d'une branche collatérale qui eut bientôt une octoramification.

Quant à Sidi Abderrahmane, fils aîné de de Sidi M'hammed-ben-Ali-Bahloul, il prit, après son oncle Bouali, la direction la zaouïa de Medjadja. Ce fut lui qui, au commencement de la XIe corne de l'Hégire, réunit les œuvres nombreuses juridiques et littéraires, de son père et de son oncle. Parmi les premières relevons : El alfiat bi-taçaouf (Commentaires de hadîts exposés par Sidi Abdallah ben Abi el Djmara, ainsi que par Mohammed ben Abou-l'Athia) ; Taouçoul-hakad fuza ahlou-Djeddi biendhi el-mafa ( ? illisible) ; une quarantaine de recueils de poésies diverses, la rédaction d'une controverse célèbre qu'il eut avec le muphti d'Alger Cheikh El Mathmathi, à propos de l'interprétation d'u hadîts, etc., etc.

Vers la fin de la onzième corne les Cheurfa de la Medjadja, divisés en deux Maisons alliées, les Oulad Sidi M'Hammed-Ben-Ali et les Oulad Sidi Bouali, obéissaient encore à un même chef. Sidi Djilali -Ould- Abderrahmane ben Sidi M'hammed-Ben-Ali qui, savant réputé obtint bientôt une notoriété telle que son nom est encore cité par des eulama du Chélif, plusieurs de ces ouvrages sont recherchés : Charâ-el-Moukhammès, Chara-l'amïel el-Irahi fi-el-hadith ; Achïa Ala alfiat Bni-Malec. Il eut comme coadjuteur son frère.

Ali Bouhassoun-Ould- Abderrahmane, également érudit.

A partir d'eux, les Oulad M'hammed-ben-Ali, subissant l'influence spirituelle d'un même chef, se subdivisèrent en :

Oulad Sidi Djilali-ben-Abderahmane qui actuellement ont à leur tête le Bachagha Bouthiba-Benyamina ; et et en : Oulad sidi Ali-Bouhassoun-ben-Abderrahmane qui ont pour chef le se…… (mot illisible) Sidi M'Hammed-Ould-Benachitt.

Quant aux Oulad Sidi Bouali, ils s'érigèrent, dés cette poque, en maison distincte et sont aujourd'hui sous l'heureuse tutelle de Sidi Mohammed Ben Henni-Sayah, l'éminent Kadhi d'Orléansville.

Deux maisons de ces trois branches jouissent encore d'une grande influence politique : les Bouthiba-Benyamina et les Si Sayah Ben Henni Bouali. Quant à la troisième qui, d'ailleurs, a toujours eu un rôle plutôt maraboutique, elle est dignement représentée par celui que les eulama algériens reconnaissent comme savant :

Sidi M'hammed Ould Ahmed Benachith dit Cheïkh Benachith, né à Medjadja vers 1845. Après avoir psalmodiés les premiers versets du Koran, Si M'hammed fit de sérieuses études auprès de Cheikh Mohammed-El-Fellag, descendant de Sidi Djilali-ben-Abderrahmane et de Cheïkh Elhadj Zouaoui-el- El Medjadji, qui le préparèrent à suivre utilement l'enseignement supérieur que lui donna à l'Université Karouine, de Fez, le réputé Cheikh Guenoun. Très versé dans la jurisprudence, commentant aisément les hadîts, Cheikh Benachith est un mouderrès de grande autorité qui a initié son fils Ahmed aux arcanes de la Djarouada ? (mot illisible) et du fak'ha. Sidi M'hammed ben Ali Bahlou

SIDI M'HAMMED BEN ALI BAHLOUL

Acquit, grâce à sa science et à ses vertus, une réputation qui s'étend dans tout le Maghreb, il professa dans la plaine d'Eghris, berceau des M'Charif et eut comme tlamid renommés Sidi Ahmed-Ben-Ali; Sidi Daho ; Sidi Ali Ben-M'Barek de Koléa, Sidi Ammar-Cherif de Bordj-Menaïel, Sidi Saïd Gueddoura, devenu muphti d'Alger ; Si Sahnoun-El Hadj du Djebel Djebel-Tamdrara (Ouarsenis) et Cheïkh Brahim Rhobrini, de Cherchell.

Après avoir parcouru le Sahara et atteint Ouargla, où il créa une zaouïa dont les khouddam sont les Arb-Saïd (Chadoulia et Kadria), Sidi M'hammed revint à sa demeure du Chélif, dite Zaouïet Sidi M'hammed-ben-Ali où il continua son enseignement. Mais il ne devait pas tarder à être victime de l'austérité de ses opinions : vers l'an 980 de l'Hégire, Ben Chekor, bey turc de Mazouna, avant conçu le projet d'épouser Fathma-Bent-Benchâa, veuve de son père, une contestation canonique s'éleva et la question fut soumise aux eulama. Tous accordèrent la main-levée de l'opposition, sauf cheïkh M'hammed-ben-Ali-Bahloul el- Medjadji, lequel déclara formellement la chose Haram (illicite). Malgré les supplications, les injonctions et les menaces du Bey, le savant maintint la sentence et le mariage ne fut pas célébré. A quelque temps de là des tholba du marabout Benchâa, soudoyés par Ben Chakor, se firent admettre à la zaouïa ; et, une nuit, profitant du sommeil de Sidi M'hammed Ben-Ali, ils l'égorgèrent. Mais ce dernier, bien que la gorge tranchée, eut encore la force de leur crier : « ô maudits, mon sang rejaillira sur vous et sur le traître ! » le lendemain, le vénéré chef mourait ; et peu après affirmait sa sainteté par un miracle posthume : En effet, on avait tenté à trois reprises différentes de creuser sa fosse dans la crypte ; mais chaque fois l'eau jaillissant, rendait tout travail impossible. Sidi Bouali puîné du défunt, atterré par ce contre-temps, réfléchissait pendant la nuit au moyen d'y remédier, lorsqu'il perçu la voix de son frère ordonnant : « Demain à l'aurore, prends, toi-même, une pioche et creuse en avant du tombeau de notre père ; là, tu découvrira tout prêt un kbor voûté tel celui du Nebbi (le salut sur lui !) ». Ainsi procéda Sidi Bouali ; et, c'est dans ce miraculeux tombeau que repose le docte Fakih, dans la miséricorde de Dieu.

Quant au Bey Ben Chekor et à ses complices, le Dey Chaâbane, pacha triennal d'Alger, outré de leur sacrilège. Les fit massacrer sons merci, en rebiâ de l'an 1000 de l'Hégire (1592 J.C).

A l'occasion de cette fin tragique, le muphti d'Alger, Cheikh Saïd Gueddoura, ancien telmid de Sidi M'hammed-ben-Ali, adressa au frère et aux fils de ce dernier une remarquable Qaçida religieuse.

Sidi Bouali Ould Ali-Bahloul, succéda à son frère, il fut le chef d'une branche collatérale qui eut bientôt une octoramification.

Quant à Sidi Abderrahmane, fils aîné de de Sidi M'hammed-ben-Ali-Bahloul, il prit, après son oncle Bouali, la direction la zaouïa de Medjadja. Ce fut lui qui, au commencement de la XIe corne de l'Hégire, réunit les œuvres nombreuses juridiques et littéraires, de son père et de son oncle. Parmi les premières relevons : El alfiat bi-taçaouf (Commentaires de hadîts exposés par Sidi Abdallah ben Abi el Djmara, ainsi que par Mohammed ben Abou-l'Athia) ; Taouçoul-hakad fuza ahlou-Djeddi biendhi el-mafa ( ? illisible) ; une quarantaine de recueils de poésies diverses, la rédaction d'une controverse célèbre qu'il eut avec le muphti d'Alger Cheikh El Mathmathi, à propos de l'interprétation d'u hadîts, etc., etc.

Vers la fin de la onzième corne les Cheurfa de la Medjadja, divisés en deux Maisons alliées, les Oulad Sidi M'Hammed-Ben-Ali et les Oulad Sidi Bouali, obéissaient encore à un même chef.

Sidi Djilali -Ould- Abderrahmane ben Sidi M'hammed-Ben-Ali qui, savant réputé obtint bientôt une notoriété telle que son nom est encore cité par des eulama du Chélif, plusieurs de ces ouvrages sont recherchés : Charâ-el-Moukhammès, Chara-l'amïel el-Irahi fi-el-hadith ; Achïa Ala alfiat Bni-Malec. Il eut comme coadjuteur son frère.

Ali Bouhassoun-Ould- Abderrahmane, également érudit.

A partir d'eux, les Oulad M'hammed-ben-Ali, subissant l'influence spirituelle d'un même chef, se subdivisèrent en :

Oulad Sidi Djilali-ben-Abderahmane qui actuellement ont à leur tête le Bachagha Bouthiba-Benyamina ; et et en : Oulad sidi Ali-Bouhassoun-ben-Abderrahmane qui ont pour chef le se…… (mot illisible) Sidi M'Hammed-Ould-Benachitt.

Quant aux Oulad Sidi Bouali, ils s'érigèrent, dés cette époque, en maison distincte et sont aujourd'hui sous l'heureuse tutelle de Sidi Mohammed Ben Henni-Sayah, l'éminent Kadhi d'Orléansville.

Deux maisons de ces trois branches jouissent encore d'une grande influence politique : les Bouthiba-Benyamina et les Si Sayah Ben Henni Bouali. Quant à la troisième qui, d'ailleurs, a toujours eu un rôle plutôt maraboutique, elle est dignement représentée par celui que les eulama algériens reconnaissent comme savant : Sidi M'hammed Ould Ahmed Benachith dit Cheïkh Benachith, né à Medjadja vers 1845. Après avoir psalmodiés les premiers versets du Koran, Si M'hammed fit de sérieuses études auprès de Cheikh Mohammed-El-Fellag, descendant de Sidi Djilali-ben-Abderrahmane et de Cheïkh Elhadj Zouaoui-el- El Medjadji, qui le préparèrent à suivre utilement l'enseignement supérieur que lui donna à l'Université Karouine, de Fez, le réputé Cheikh Guenoun. Très versé dans la jurisprudence, commentant aisément les hadîts, Cheikh Benachith est un mouderrès de grande autorité qui a initié son fils Ahmed aux arcanes de la de la Djarouada ? (mot illisible) et du fak'ha.

Les Bouthiba Benyamina

LES BOUTHIBA - BENYAMINA

Au moment où Sidi Ali succéda, son père Sidi Djilali-ould-Abderrahmane, l'influence spirituelle du chef dela zaouïa avait encore son emprise sur toutes les branches des Cheurfa de la Medjadja. Sidi Ali, mourant à la fleur de l'âge, laissa le pouvoir à son unique garçon,à peine adolescent mais déjà bon thaleb.

Sidi Larbi-Abou Thaïba, dit Sidi Bouthiba, qui fit l'éponyme de cette famille.

Sidi Bouthiba, homme de prières et de livres, composa quelques ouvrages ; de plus, sa facilité d'élocution, encore soutenue par l'ampleur de son verbe, lui valut les honneurs de la chaire dans plusieurs réunions de savants ; notamment au Caire où à l'Université d'El Azhar ses khotbate furent acclamées. De retour au pays natal Sidi Bouthiba, fit à Mazouna et à Mascara, de mémorables conférences sur l'opportunité de l'immixtion du kanoun dans la politique. Le gouvernement de l'Odjak, effrayé par une telle liberté d'idées, l'obligea à se retirer, jeune encore de la lice où lui succéda, moins brillamment toutefois, son fils.

Sidi Djelloul lequel, bientôt rebuté, confia la baraka à l'aîné de ses enfants.

Benyamina-Ould-Djelloul, dont l'influence grande déjà devait s'accroître encore grâce à sa puissance de suggestion. Il fut le leader de l'indépendance familiale vis-à-vis des turcs. Son frère Cheïkh Elhadj-M'Hammed-Ould-Djelloul, khadhi réputé, fut, le jour même de son retour la Mecque, enseveli, à Blida, sous les décombres de sa maison, détruite par le temblement de terre qui en 1842, anéantit la "Reine de la Medjadja ".

Les Oulad-Bouthiba qui, à ce moment, ajoutèrent à leur nom celui de Benyamina, eurent comme chef Sidi Abdelkader Ould Benyamina, lequel partisan sincère de l'Emir El hadj Abdekader, prêta un concours soutenu et souvent efficace à son cousin Bou Chekor ben- Chérif, Khelifa de ce dernier qui, commandant depuis les Braz jusqu'aux Medjaher, prit une part fort active au combat de Zeboudj-Moulaï-Ismaïl, près du Sig, contre le Général Trézel, le 25juin 1835. Tué dans sa résidence de Mazouna, Ben Chekor fut remplacé par son parent Chérif Djilali-ben-Mohammed-ben-Chrif, lequel tomba, en mai 1846, sous les coups de la troupe de Bou-Maza attaquant Medjadja, ainsi d'ailleurs que Si Kaddour ould- Mohammed-Sayah, oncle paternel du Kadhi actuel d'Orlansville.

Dès lors les Bouthiba-Benyamina se rangent loyalement aux côtés de la France et le fils de Djilali-ben-Mohammed-ben-Chérif, Cherif-Benali, est choisi, par le Colonel de Saint-Arnaud et par le capitane Richard, comme premier khodja de la subdivision d'Orléansville.

Cherif-Benali est mort, vers 1900, Commandeur de la Légion d'Honneur, après avoir dirigé pendant de nombreuses années le kaïdat des Oulad-Farès.

Sidi Abdelkader-ould-Benyamina avait laissé deux fils, l'un Si Abdelkader, oncle du Bachagha, ayant également débuté comme khodja, est mort kaïd, officier de Légion d'Honneur en novembre 1883 ; le second Si Miloud né à Medjadja, père du Bachagha, était plutôt un homme de prières qui, pourtant très énergétique à l'occasion soutint l'Emir de son influence et se fit blesser tout jeune encore à ses côtés, en mai 1842, sous les murs de Miliana. Il mourut en 1900, à l'âge de 78 ans, non sans être devenu, avant même la soumission de l'Emir, et depuis la fameuse affaire de Bou-Maza, l'un des lus fidèles alliés de la France.

Si Miloud, chef des Bouthiba-Benyamina, fut d'un grand secours pour nos colons, en 1864, lors de l'insurrection des Flittas, lesquels avaient fait cause commune avec les Chikhïa. Le Maréchal Pélissier, eut recours aux services des marabouts de Medjadja. Ceux-ci, ayant repoussé énergiquement les menées insidieuses de Si Lazreg, prêtèrent un concours efficace au Général Roze chargé de la répression des Flittas qui, dans le courant du mois de juin, firent leur soumission.

Durant l'aam-ech-cherr, Si Miloud, et tous les Cheurfa de la Medjadja donnèrent les preuves d'une générosité admirables.

Cheïkh Benachith Revue Africaine n° ? Année ? pp. 65

70

 Une anecdote circule au sujet de Sidi Dahou (fils de l'émir Ibn Dahou de l'ouest). Du temps où Sidi Dahou était le disciple (élève) de Sidi M'hamed Benali Abahloul lorsque ce dernier enseignait dans la contrée du Ghriss (Mascara). Sidi M'hamed Bénali avait désigné Sidi Dahou comme mousse pour rapporter à chaque fois les commissions au domicile de Sidi M'hamed Bénali. Sidi Dahou était très beau jeune homme mais dès qu'il se présentait devant le domicile de Sidi M'hamed Bénali et lorsque la femme de ce dernier sortait pour les prendre, Sidi Dahou se métamorphosait et devenait teigneux et morveux. La femme de Sidi M'hamed Bénali en avait un haut-le-coeur et le renvoyait sans ménagement car ne voulant plus voir cette image désolée de ce jeune homme. Un jour, elle en fit part à Sidi M'hamed Bénali et lui demanda de ne plus lui envoyer les commissions par l'intermédiaire de ce jeune homme qui lui donnait la nausée et lui soulevait le coeur de par sa morve et sa teigne. Sidi M'hamed Bénali en resta médusé et lui demanda de qui elle parlait. Il lui répondit : "Le jeune Dahou". Sidi M'hamed Bénali, incrédule, décida de suivre un jour, Sidi Dahou lorsqu'il lui remettrait les provisions à ramener à son domicile. Il savait que Sidi Dahou était d'une beauté extraordinaire et il ne pouvait s'astreindre à concevoir ce dernier avec de la morve et de la teigne. Un  jour, il remit à Sidi Dahou les provisions et le suivit en cachette. Arrivé devant la porte du domicile de Sidi M'hamed Bénali et lorsque la porte s'ouvrit, laissant entrevoir la femme de ce dernier, Sidi M'hamed Bénali constata de fait et de visu la métamorphose de Sidi Dahou. Il en resta éberlué puis s'en remit à Dieu et se dit :"Cet enfant-là est aimé de Dieu, c'est un wali mine aouliya'e Allah essalihines" et il se retira sur la pointe des pieds pour ne pas être vu par Sidi Dahou, ni de sa femme.

A l'occasion des fêtes religieuses, Sidi Dahou s'empressait toujours d'être le premier à souhaiter bonne fête à Sidi M'hamed Bénali en lui donnant une offrande faite de petites pièces de monnaie (sourdis)qu'il prélevait de son argent de poche. Sidi M'hamed Bénali s'empressait lui aussi de lui rendre son offrande en la triplant ou en la quadruplant car pensait-il de Sidi Dahou que c'était un vrai wali parmi les saints que Dieu gratifie de ses bienfaits.(Anecdote rapportée par Mohamed Boudia, écrivain, parmi les arrière-arrière-arrière-petits-enfants de Sidi Dahou).

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22/03/2010
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